Tribunal de commerce de Cherbourg, le 6 octobre 2025, n°2025002747

Le tribunal de commerce de Cherbourg, statuant le 6 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, en cessation des paiements depuis le 1er août 2025, exerce une activité de nettoyage automobile. Le ministère public a requis cette ouverture. Le tribunal constate l’impossibilité de tout redressement et l’incompatibilité avec le rétablissement professionnel. Il retient le cadre de la procédure simplifiée au vu des critères légaux relatifs à l’actif, aux effectifs et au chiffre d’affaires.

Le prononcé de la liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du régime simplifié sont strictement vérifiées. Le tribunal relève l’absence de bien immobilier dans l’actif du débiteur. Il note également un nombre de salariés inférieur ou égal à un sur les six derniers mois. Enfin, le chiffre d’affaires hors taxes est inférieur au seuil de trois cent mille euros. Ces constatations permettent de qualifier l’affaire.

La décision s’appuie ainsi sur une appréciation cumulative des critères légaux. Le juge procède à un examen concret de la situation économique et sociale de l’entreprise. La solution assure une application rigoureuse des textes protecteurs des petites structures. Elle évite ainsi la lourdeur procédurale d’une liquidation classique. La portée est donc une adaptation de la procédure collective à la dimension réelle du débiteur.

Les modalités d’organisation et les délais de la procédure

Le jugement organise le déroulement futur de la liquidation selon un calendrier contraint. Il désigne les auxiliaires de justice, dont un liquidateur et un juge-commissaire. Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au premier août 2025. Il autorise une poursuite d’activité très limitée, seulement jusqu’au dix octobre inclus. Cette brièveté souligne l’absence de perspective de continuation.

Les délais impératifs gouvernent désormais les opérations de liquidation pour accélérer le processus. Le liquidateur doit établir un rapport dans le mois suivant sa désignation. « Le liquidateur établira un rapport sur la situation du débiteur dans le mois de sa désignation » (Motifs). La vente des biens mobiliers doit intervenir dans un délai de quatre mois. La clôture de la procédure sera examinée six mois après le jugement d’ouverture. Cette célérité est caractéristique du régime simplifié.

La valeur de cette décision réside dans sa mise en œuvre opérationnelle des textes. Elle trace un chemin procédural précis et rapide pour les petites défaillances. La solution aligne parfaitement le dispositif sur l’objectif de célérité du livre VI du code de commerce. Elle rejoint en cela d’autres juridictions appliquant ce régime. « Il conviendra dans ces conditions d’ouvrir une procédure de liquidation judiciaire simplifiée conformément aux dispositions de l’article L.641-2 du code de commerce » (Tribunal de commerce de Paris, le 27 mars 2025, n°2025020473). La portée est une liquidation efficace et proportionnée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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