Tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône, le 2 octobre 2025, n°2025006378

Le Tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône, statuant le 2 octobre 2025, se prononce sur une demande d’ouverture de procédure collective. La requérante, en cessation des paiements, sollicite sa liquidation judiciaire. Le tribunal constate l’état de cessation et l’absence de perspective de redressement. Il ouvre donc une procédure de liquidation judiciaire simplifiée et nomme les organes de la procédure.

La constatation rigoureuse de la cessation des paiements

L’examen probatoire des éléments de la situation financière

Le tribunal fonde sa constatation sur une appréciation concrète de l’actif et du passif. Il relève que les informations recueillies et les pièces versées établissent l’impossibilité de faire face au passif. « Les informations recueillies par le tribunal et les pièces versées à l’appui de la déclaration de cessation des paiements permettent d’établir que l’entreprise ne peut faire face au passif exigible avec l’actif dont elle dispose. » (Motifs) Cette analyse vérifie la réalité du défaut de paiement exigé par la loi. Elle évite ainsi une ouverture de procédure sur la seule déclaration du débiteur.

La portée d’une définition purement comptable de la cessation

La décision retient une approche strictement patrimoniale et comptable de la cessation. Elle écarte toute considération sur les causes ou la temporalité de l’état de cessation. Cette lecture objective renforce la sécurité juridique et l’uniformité d’application. Elle aligne le contrôle judiciaire sur les seuls éléments chiffrés du bilan. La valeur de cette approche est de simplifier le constat pour le tribunal saisi.

Le prononcé de la liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions légales du recours à la procédure simplifiée

Le tribunal ouvre la liquidation en appliquant la procédure simplifiée prévue par l’article L. 641-2. Il motive ce choix par l’absence de viabilité et de solution de redressement. « Il apparaît que l’entreprise n’est pas viable et qu’une solution de redressement n’est pas envisageable. » (Motifs) Ce constat est essentiel pour justifier le passage direct à la liquidation. La jurisprudence confirme cette application lorsque les conditions légales sont réunies. « ATTENDU qu’il appert des pièces produites que les conditions mises par les articles L.641-2, R.641-10 du code de commerce sont réunies pour l’application de la liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 7 avril 2025, n°2025006597)

L’organisation procédurale et les délais contraints

La décision détaille les modalités pratiques de la liquidation simplifiée. Elle fixe un délai de six mois pour la clôture, prorogeable de trois mois. Ce cadre temporel strict impose une gestion dynamique par le liquidateur. La nomination d’un commissaire aux inventaires et la fixation des délais pour le mandataire en découlent. La portée est d’accélérer la réalisation des actifs et le règlement du passif. Cette célérité vise à limiter les coûts de la procédure pour la collectivité des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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