Tribunal de commerce de Angoulême, le 2 octobre 2025, n°2025006597

Le Tribunal de commerce d’Angoulême, statuant le 2 octobre 2025, prononce la liquidation judiciaire d’une société. La société, inactive depuis mars 2025, a déposé une demande d’ouverture de procédure. Le tribunal constate son état de cessation des paiements et ouvre la liquidation. Il fixe provisoirement la date de cette cessation au 27 mars 2025. La décision soulève la question de la qualification de la cessation des paiements et de ses conséquences procédurales.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète. Le tribunal retient l’état de cessation des paiements sur le fondement de l’article L 631-1 du code de commerce. Il motive sa décision en relevant « l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette application stricte de la définition légale est constante. La Cour de cassation rappelle que cet état est caractérisé par un déséquilibre entre l’actif disponible et le passif exigible. « Attendu que, pour maintenir la date de cessation des paiements au 23 août 2013, l’arrêt retient que l’actif disponible (…) s’élève au 31 décembre 2013 à 405 819 euros, tandis que le passif exigible s’élève à plus de 750 000 euros » (Cass. Chambre commerciale financière et économique, le 9 mai 2018, n°16-28.652). Le jugement s’inscrit dans cette lignée en constatant l’impossibilité de faire face au passif.

La fixation provisoire de la date de cessation. Le tribunal fixe provisoirement la date au 27 mars 2025, correspondant à la fermeture de la société. Il justifie ce choix par l’existence d’une « dette exigible à laquelle le débiteur n’était pas en capacité de faire face avec son actif disponible » (Motifs). Cette date, qualifiée de provisoire, est cruciale pour déterminer la période suspecte. La décision illustre la pratique consistant à retenir un fait objectif, ici la cessation d’activité, comme indice sérieux de la cessation des paiements. Cette approche facilite l’administration de la preuve pour le juge.

Les conséquences procédurales de la qualification

L’ouverture de la liquidation judiciaire. La constatation de la cessation des paiements entraîne l’ouverture d’une procédure collective. Le tribunal prononce la liquidation judiciaire « conformément aux dispositions des articles L 640-1 et suivants du code de commerce » (Motifs). Cette issue est directe dès lors que la société n’est plus en mesure de poursuivre son activité. La décision rappelle que la liquidation est la procédure de droit commun lorsque toute perspective de redressement est écartée. Elle met fin à la période d’observation potentielle et engage immédiatement la réalisation des actifs.

Les mesures d’organisation de la procédure. Le jugement organise minutieusement le déroulement de la liquidation. Il désigne les organes de la procédure, juge commissaire et liquidateur. Il impose des délais stricts, comme la remise de la liste des créances dans les huit jours. Il prévoit également l’examen de la clôture dans un délai de vingt-quatre mois. Ces mesures visent à garantir une administration efficace et rapide de la procédure. Elles encadrent strictement les prérogatives du dirigeant et transfèrent les pouvoirs de disposition au liquidateur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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