Tribunal de commerce de Aix-en-Provence, le 2 octobre 2025, n°2025013102

Le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, statuant le 2 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société requérante, en cessation des paiements, a sollicité cette procédure. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de tout redressement. Il applique ainsi le régime simplifié prévu par le code de commerce.

L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions légales de l’ouverture sont strictement vérifiées. Le tribunal relève d’abord l’état de cessation des paiements de la société. « Il résulte des informations recueillies par le tribunal […] que la société […] se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette constatation est un préalable indispensable à toute ouverture.

Le redressement est ensuite jugé irrémédiablement compromis. La dirigeante a expliqué ne plus avoir d’activité ni de perspectives. Le tribunal en déduit que « le redressement est manifestement impossible » (Motifs). Cette appréciation souveraine justifie le choix de la liquidation plutôt qu’un redressement judiciaire.

La mise en œuvre du régime procédural simplifié

Le tribunal retient l’application du cadre de la liquidation simplifiée. Il vérifie le respect des critères légaux posés par les articles L.641-2 et D.641-10. « Il apparait que la procédure de liquidation judiciaire simplifiée peut être appliquée, les conditions des articles L.641-2 et D.641-10 étant réunies » (Motifs). Ce régime allégé est ainsi ouvertement choisi.

La décision organise ensuite les modalités pratiques de la procédure. Elle désigne les mandataires de justice et fixe un délai de six mois pour examiner la clôture. Cette temporalité courte est caractéristique du régime simplifié. Elle vise une liquidation rapide lorsque la situation de l’entreprise le permet.

La portée de la décision confirme une jurisprudence constante sur les conditions d’ouverture. Elle rappelle que la cessation des paiements et l’impossibilité de redressement sont cumulatives. « ATTENDU qu’il résulte des informations recueillies par le tribunal, que la Sté […] se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 16 juin 2025, n°2025008320). Le fondement juridique est ainsi solidement établi.

La valeur de l’arrêt réside dans l’application rigoureuse du régime simplifié. Ce dernier est réservé aux cas où la structure et le passif de l’entreprise le permettent. La décision illustre le contrôle judiciaire sur le choix de cette procédure accélérée. Elle garantit une liquidation efficace dans le respect des intérêts des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture