Tribunal judiciaire de Valenciennes, le 15 octobre 2025, n°2025F00139

Le tribunal judiciaire de Valenciennes, statuant le vingt-cinq novembre deux mille vingt-cinq, a examiné une demande en paiement de travaux. La société demanderesse, défaillante à l’audience, a vu sa citation déclarée caduque par application de l’article 468 du code de procédure civile. La juridiction a également alloué une indemnité sur le fondement de l’article 700 du même code à la partie défenderesse.

La caducité de l’assignation prononcée d’office

Le rejet procédural pour défaut de comparution

Le tribunal constate l’absence de la demanderesse à l’audience malgré une convocation régulière. Il applique alors le texte qui permet de déclarer la citation caduque en cas de défaillance non justifiée. « PRO.FIL, demandeur, bien que régulièrement convoquée, ne s’est pas présentée à l’audience du 9 septembre. Le tribunal fera application de l’article 468. » (Motifs). Cette solution rappelle que la procédure civile est fondamentalement contradictoire. La défaillance d’une partie peut entraîner l’extinction de l’instance sans examen du fond, préservant ainsi la sécurité juridique.

La portée d’une application d’office par le juge

Le juge a ici exercé son pouvoir de relever d’office la caducité sans que le défendeur ne le sollicite. Cette faculté offerte par l’article 468 lui permet d’assurer la bonne administration de la justice. Une jurisprudence similaire confirme cette approche, en indiquant qu’ »il convient donc de relever d’office la caducité de l’assignation » (Tribunal judiciaire de Val de Briey, le 18 août 2025, n°25/00014). Cette initiative judiciaire évite une procédure sans issue et sanctionne l’inertie de la partie initiatrice du litige.

Les conséquences pécuniaires de la défaillance

L’allocation d’une indemnité pour frais exposés

Après avoir constaté la caducité, le tribunal examine la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime que la défenderesse a dû engager des frais pour sa défense. « Pour faire reconnaître ses droits, [W] a dû exposer des frais non compris dans les dépens qu’il serait inéquitable de laisser à sa charge. » (Motifs). Cette indemnisation vise à réparer un préjudice procédural distinct des dépens légaux. Elle sanctionne le comportement de la demanderesse à l’origine d’une instance devenue infructueuse.

La condamnation aux dépens et la liquidation des frais

La décision condamne également la partie défaillante aux entiers dépens de l’instance. Le greffe procède à la liquidation précise de ces frais, incluant la taxe sur la valeur ajoutée. Cette condamnation complète le régime de responsabilité financière lié à l’échec de l’action. Elle illustre le principe selon lequel la partie succombante supporte les frais de la procédure. L’ensemble forme une sanction économique cohérente avec la défaillance constatée en audience.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture