Tribunal judiciaire de Paris, le 9 septembre 2025, n°2025R00570

Le tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé le 9 septembre 2025, se prononce sur une demande de provision et une demande de délais de paiement. L’éditeur réclame le paiement de factures impayées au titre d’un abonnement. La société débitrice conteste partiellement la créance et sollicite un échelonnement. Le juge accorde la provision et rejette la demande de délais.

La consécration d’une obligation incontestable par l’aveu extrajudiciaire

Le juge retient l’absence de contestation sérieuse justifiant l’octroi d’une provision. Il fonde sa décision sur la reconnaissance explicite de la dette par le débiteur. Les échanges épistolaires démontrent une acceptation répétée de l’obligation de payer. « Il résulte de tout ce qui précède que [E] a reconnu être redevable de la somme de 5 091,20 € TTC en proposant à Figaro dès les 29 octobre et 13 novembre 2024 de reprendre les mensualités et définir un plan de paiement pour régler sa dette » (Motifs, sur la demande principale). L’aveu extrajudiciaire écarte ainsi toute discussion sur l’existence de l’obligation. Le juge des référés peut alors statuer sans empiéter sur le fond du litige. Cette solution rappelle la force probante des écrits émanant du débiteur. Elle facilite l’obtention d’une provision en référé lorsque la dette est clairement établie. La portée est pratique, offrant au créancier un recours rapide malgré des négociations en cours. La valeur réside dans la sécurité juridique apportée par la reconnaissance de la dette.

Le rejet des délais de paiement faute de preuves suffisantes

Le juge refuse d’échelonner la dette en invoquant l’insuffisance des justificatifs produits. La situation financière du débiteur n’est pas établie de manière probante. Seule une attestation sur un solde bancaire à une date donnée est versée aux débats. « Cependant, Walb ne verse pas aux débats les éléments comptables récents justifiant que sa situation financière serait compromise pouvant mettre en cause sa pérennité, du fait du paiement de sa dette » (Motifs, sur la demande de délais de paiement). Le juge exige une démonstration concrète de l’incapacité à payer. La simple allégation de difficultés économiques ne suffit pas. Cette exigence procédurale protège le créancier contre des demandes dilatoires. Elle rejoint la jurisprudence exigeant un examen sérieux de la situation du débiteur. « Le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues » (Tribunal judiciaire de Bobigny, le 23 septembre 2025, n°25/00511). La portée est restrictive, conditionnant l’octroi de délais à une preuve solide. La valeur est d’équilibre, évitant de prolonger indûment l’inexécution contractuelle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture