Tribunal judiciaire de Nîmes, le 8 octobre 2025, n°2024008113

Le Tribunal judiciaire de Nîmes, le 8 octobre 2025, statue sur un litige commercial transnational. Une société française assigne une société allemande en paiement du prix d’un véhicule livré mais non réglé. L’acte introductif d’instance a été transmis selon le règlement européen 2020/1784. La défenderesse, défaillante, est condamnée au paiement de la créance avec intérêts et à une indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Le tribunal retient la régularité de la signification et le caractère incontesté de l’obligation.

La régularité de la mise en cause internationale

Le contrôle du respect des formes substantielles
Le tribunal vérifie d’office la régularité de la notification de l’acte introductif. Il constate que la transmission a suivi les règles du règlement européen sur l’entraide. Cette vérification est essentielle pour assurer un procès équitable face à un défendeur étranger. Elle garantit le droit à un procès contradictoire dans l’espace judiciaire européen. La décision s’inscrit dans le strict respect des textes communautaires.

La conséquence procédurale de la défaillance
L’absence de comparution de la société allemande est explicitement relevée. Le jugement est néanmoins réputé contradictoire en raison de la notification régulière. Cette solution préserve l’efficacité de la justice malgré le désintérêt apparent du défendeur. Elle évite toute paralysie procédurale due à l’abstention d’une partie. La jurisprudence antérieure exigeait une preuve de la remise effective pour surseoir à statuer (Cour d’appel de Nîmes, le 25 mars 2026, n°25/00356). Le présent jugement se distingue en validant la procédure.

L’exigence d’une créance certaine et liquide

La caractérisation des obligations contractuelles
Le tribunal s’appuie sur les pièces versées aux débats pour établir les faits. La commande signée, la livraison effectuée et le défaut de paiement sont constatés. Ces éléments matérialisent l’accord des volontés et son exécution partielle. Ils fondent l’obligation de payer le prix conformément à l’article 1582 du code civil. La créance résulte ainsi d’un contrat de vente parfaitement caractérisé.

L’absence de contestation et l’octroi de l’exécution provisoire
La créance est qualifiée de certaine, liquide et exigible car non contestée. Cette absence de défense permet au juge de statuer rapidement sur le fond. L’exécution provisoire est ordonnée de droit en vertu de l’article 514 du code de procédure civile. Le tribunal rejette implicitement tout risque d’exécution irréversible. L’indemnité sur le fondement de l’article 700 est allouée en raison des frais exposés pour le recouvrement. Cette décision rejoint une solution antérieure accordant une telle indemnité pour défaut de paiement (Tribunal judiciaire de Nîmes, le 7 octobre 2025, n°25/01087).

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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