Tribunal judiciaire de Nanterre, le 30 octobre 2025, n°2025F00753

Le tribunal judiciaire, dans un jugement du 30 octobre 2025, statue sur une demande en paiement de factures. La société défenderesse, non comparante, avait fait l’objet d’une assignation transformée en procès-verbal de recherches infructueuses. Le juge examine la régularité de cette signification et le bien-fondé de la créance. Il accueille la demande et condamne la société débitrice au paiement des sommes réclamées ainsi qu’à une indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

La régularité de la procédure en l’absence du défendeur

Le tribunal vérifie scrupuleusement les conditions de la représentation à l’instance. Il rappelle le principe énoncé à l’article 472 du code de procédure civile. « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond » (article 472 du code de procédure civile). Le juge doit cependant s’assurer que la demande est régulière, recevable et bien fondée avant d’y faire droit.

La validation de la signification par procès-verbal de recherches infructueuses constitue le point central. Le commissaire de justice a constaté l’inexistence du siège social au lieu déclaré. « Le commissaire de justice a donc constaté que [la société] n’a plus d’établissements connus au lieu indiqué comme siège social » (Motifs de la décision). L’acte est régularisé par l’envoi recommandé des copies à la dernière adresse connue. Cette diligence distingue l’espèce d’une jurisprudence récente où la nullité fut prononcée. « Il n’est pas justifié de l’envoi au destinataire […] d’une copie du procès-verbal » (Tribunal judiciaire, le 1 juillet 2025, n°24/00995). Le respect de cette formalité essentielle assure l’opposabilité du jugement au défendeur défaillant.

La reconnaissance d’une créance certaine, liquide et exigible

Le fondement contractuel de l’obligation est établi par la production des devis et factures. Le tribunal applique les articles 1103 et 1315 du code civil. « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver » (article 1315 du code civil). La société demanderesse produit les éléments constitutifs de sa créance, qui demeurent incontestés.

L’absence de contestation de la part du débiteur joue un rôle déterminant dans l’appréciation du juge. La défenderesse, bien que régulièrement touchée, est restée non comparante et non concluante. « Pour sa part, [la société], qui a été régulièrement touchée par l’assignation […] est non comparante et non concluante » (Motifs de la décision). Cette carence permet au tribunal de tirer toutes les conséquences des pièces versées aux débats. Il en déduit le caractère certain, liquide et exigible de la dette. La solution se distingue d’un contentieux où un décompte fut contesté dans les délais. « n’a pas adressé de contestation motivée de ce décompte dans le délai de 10 jours » (Cour d’appel de Paris, le 3 octobre 2025, n°24/15397). Ici, l’absence totale de réaction valide les prétentions du créancier.

Cette décision illustre la rigueur procédurale exigée pour un jugement réputé contradictoire. Elle confirme que la défaillance d’une partie ne dispense pas le juge d’un examen approfondi. La régularité de la signification, condition sine qua non, est strictement contrôlée. Sur le fond, la force probante des écrits incontestés permet de constater l’existence de l’obligation. Le jugement assure ainsi une protection effective des droits du créancier face à un débiteur défaillant et introuvable.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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