Tribunal judiciaire de commerce de Lorient, le 9 octobre 2025, n°2025J00291

Le tribunal judiciaire, statuant par défaut, retient la créance certaine d’une société de location. Il applique intégralement une clause contractuelle prévoyant intérêts majorés et indemnités forfaitaires. La décision valide ainsi le régime des pénalités convenues entre les parties, sans modération.

La force obligatoire du contrat et l’appréciation des clauses

Le principe de la loi des parties et son effectivité. Le tribunal fonde sa décision sur l’article 1103 du code civil. Il constate que les contrats de location font la loi des parties et justifient la créance. La force obligatoire du contrat s’impose donc au juge saisi d’une exécution défaillante. Cette application stricte consacre l’autonomie de la volonté dans les relations contractuelles. Elle limite le pouvoir d’appréciation du juge face à des stipulations claires.

L’absence de contrôle sur le caractère excessif des pénalités. Le tribunal ordonne le paiement d’intérêts majorés de dix points et d’une indemnité de quinze pour cent. Il le fait en application de l’article 16-2 des conditions générales interprofessionnelles. Aucune recherche sur le caractère excessif de ces clauses n’est entreprise par le juge. Cette approche contraste avec la jurisprudence admettant un contrôle. « Le juge peut, même d’office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire » (Cour d’appel de Nîmes, le 20 juin 2025, n°23/01693). La décision s’en remet entièrement à la convention.

Les conséquences procédurales du défaut et la sanction de la créance

Les effets de la non-comparution sur l’instruction du litige. Statuant en vertu de l’article 472 du code de procédure civile, le tribunal examine la demande. Il la juge régulière, recevable et bien fondée au vu des seules pièces produites. La non-comparution n’empêche pas un examen au fond mais limite le débat contradictoire. Le juge vérifie néanmoins le bien-fondé de la créance sur des éléments objectifs. Cette procédure assure la protection minimale du défendeur absent.

La condamnation aux frais irrépétibles et la couverture du préjudice. Le tribunal alloue la somme demandée sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime que la société a engagé des frais irrépétibles justifiant cette indemnisation. Cette évaluation forfaitaire complète la réparation du préjudice subi. Elle s’ajoute aux indemnités contractuelles pour frais de recouvrement déjà accordées. La décision tend ainsi à une couverture intégrale des conséquences de l’inexécution.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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