Tribunal de commerce, le 13 octobre 2025, n°2025003249

Le tribunal de commerce, statuant en date non précisée, a été saisi d’un recours contre une ordonnance d’injonction de payer. La demande initiale portait sur le paiement de livraisons de produits de boulangerie effectuées sur une période régulière. La juridiction devait se prononcer sur l’existence de la créance et les conséquences de son inexécution. Le tribunal a fait droit aux demandes du créancier en annulant l’ordonnance et en condamnant le débiteur.

La preuve du rapport contractuel établie par l’ensemble des éléments de la relation d’affaires

La formation et l’exécution du contrat démontrées par la pratique des parties.

Le tribunal constate la réalité des livraisons quotidiennes sur une période prolongée sans réserves. Il observe que les factures respectent le fonctionnement habituel entre les sociétés. Cette régularité démontre l’existence d’un accord de volontés tacite. La preuve en matière commerciale est en effet libre et peut résulter de divers éléments concordants. « Des bons de livraison sont notamment versés, dont la traduction libre qui en a été faite est suffisante à leur compréhension, lesquels sont tous signés et précédés du nom de leur signataire » (Tribunal de commerce de commerce de Bourges, le 1 juillet 2025, n°2024J01669). L’ensemble de ces indices suffit à caractériser un contrat valable.

La consécration d’une preuve par présomptions et comportements concordants.

La décision écarte l’argument d’un défaut de preuve en s’appuyant sur la cohérence des agissements. Les commandes transmises et exécutées régulièrement fondent la conviction du juge. Cette approche consacre la force probante des usages et de la pratique établie. Elle évite un formalisme excessif qui nuirait à la sécurité des transactions courantes. La solution renforce ainsi la sécurité juridique des relations commerciales fondées sur la confiance.

Les sanctions civiles de l’inexécution contractuelle en droit commercial

La condamnation au paiement assortie d’intérêts moratoires majorés.

Le tribunal constate une inexécution caractérisée après mise en demeure par commissaire de justice. Il condamne donc au paiement du principal incontesté de 701,73 euros. Il applique ensuite la majoration de dix points du taux d’intérêt légal prévue par le code de commerce. Cette sanction spécifique aux transactions commerciales vise à compenser le préjudice du créancier professionnel. Elle traduit la sévérité du droit commercial envers les retards de paiement.

La réparation intégrale du préjudice incluant les frais de procédure.

La décision ordonne la capitalisation des intérêts à compter de la mise en demeure pour une indemnisation pleine. Elle condamne également le débiteur défaillant aux dépens et à une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Cette condamnation couvre les frais irrépétibles exposés pour faire valoir ses droits. Le juge estime en effet qu’il serait inéquitable de laisser ces frais à la charge du créancier. L’exécution provisoire de plein droit assure par ailleurs l’efficacité de la décision rendue.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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