Tribunal de commerce de Vannes, le 8 octobre 2025, n°2025003354

Le Tribunal de commerce de Vannes, statuant le 8 octobre 2025, ouvre une procédure de sauvegarde à l’égard d’une société commerciale. La société, non encore en cessation des paiements, justifie de difficultés insurmontables. Le tribunal accueille sa demande et ordonne une période d’observation de six mois. Il désigne également les organes de la procédure et fixe les principales modalités de son déroulement.

La réunion des conditions légales d’ouverture

La vérification de l’absence de cessation des paiements

Le tribunal constate d’abord l’absence de cessation des paiements de la société requérante. Cette condition est essentielle pour accéder à la sauvegarde. Le représentant légal l’a affirmé lors de l’audience et le ministère public n’a pas formulé d’observations. Cette constatation positive est le premier pilier de la décision. Elle permet d’écarter l’application d’autres procédures collectives plus contraignantes. La sauvegarde se présente ainsi comme un outil préventif.

La démonstration de difficultés insurmontables

Le tribunal retient ensuite que la société rencontre des difficultés qu’elle ne peut surmonter. Le conseil de la société a évoqué des difficultés notamment avec la banque. Le juge vérifie ainsi le second critère légal posé par l’article L.620-1 du code de commerce. « Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur demande d’un débiteur mentionné à l’article L.620-2 qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter. » (Motifs). Cette appréciation in concreto relève du pouvoir souverain des juges du fond.

Les modalités d’exécution de la procédure

L’organisation de la période d’observation

Le tribunal prononce une période d’observation de six mois. Il fixe une audience de renouvellement avant son expiration. Cette période est cruciale pour diagnostiquer la situation et préparer un plan. Le tribunal rappelle que l’affaire sera rappelée en chambre du conseil avant son terme. Cette mesure vise à assurer un contrôle judiciaire régulier du déroulement des opérations. Elle cadre strictement le processus de réorganisation envisagé par la loi.

La désignation des organes et les premières obligations

Le jugement désigne un commissaire de justice pour réaliser l’inventaire. La société n’ayant pas pris cet engagement, le tribunal y pourvoit d’office. Il impartit un délai d’un mois pour la transmission de cet inventaire au greffe. Le mandataire judiciaire devra aussi remettre un rapport sous deux mois. Ces premières mesures illustrent le formalisme de la procédure. Elles assurent une information complète et rapide du juge et des créanciers. La procédure est ainsi encadrée dès son ouverture pour garantir son efficacité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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