Tribunal de commerce de Valenciennes, le 13 octobre 2025, n°2025005055

Le tribunal de commerce de Valenciennes, le 13 octobre 2025, statue sur une procédure de sauvegarde. Saisi d’une demande d’ouverture, il estime ne pas disposer d’éléments suffisants pour statuer au fond. Il ordonne une enquête préalable en désignant un juge-commis et un expert. La décision illustre le pouvoir d’investigation du juge en matière de prévention des difficultés des entreprises.

Le pouvoir d’investigation du juge en phase préalable

Le tribunal rappelle les conditions légales de sa saisine et de son instruction. Il fonde son ordonnance sur l’article L.621-1 du code de commerce. Ce texte prévoit une audition des parties avant tout jugement sur le fond. Le juge peut ainsi commettre un de ses membres pour recueillir des renseignements. La décision souligne le caractère inquisitorial de cette phase préliminaire. Elle vise à éclairer le tribunal sur la situation réelle du débiteur. L’enquête est une condition de la décision ultérieure sur l’ouverture de la procédure.

La désignation discrétionnaire d’un expert par le juge-commis

Le tribunal précise les modalités pratiques de l’enquête ordonnée. Il commet un juge du siège pour recueillir tous les renseignements nécessaires. Le jugement ajoute que ce magistrat « pourra se faire assister par » un expert nommément désigné. Cette assistance n’est donc pas imposée mais laissée à l’appréciation du juge. Le choix de l’expert est également opéré librement par le tribunal. Cette formulation consacre l’autonomie du juge-commis dans la conduite de sa mission. Elle évite toute immixtion des parties dans le choix du technicien.

La portée de la décision comme jugement d’administration judiciaire

La qualification de l’acte influence son régime procédural et ses voies de recours. Le tribunal statue « par un jugement d’administration judiciaire ». Cette catégorie procédurale est distincte d’un jugement sur le fond. Elle organise une simple mesure d’instruction préalable à une décision ultérieure. Les délais et modalités de notification en sont ainsi spécifiquement aménagés. La décision fixe un cadre strict pour le dépôt du rapport et la convocation. Elle permet une instruction complète tout en préservant les droits de la défense.

La valeur de l’enquête comme garantie du contradictoire et de la célérité

L’ordonnance d’enquête équilibre les exigences contradictoires de la procédure collective. Elle permet de recueillir des éléments objectifs sur la situation de l’entreprise. Le rapport sera déposé au greffe dix jours avant l’audition des dirigeants. Ce délai assure une information préalable des parties et respecte le contradictoire. La fixation d’une date d’audience future garantit quant à elle la célérité de la procédure. L’enquête préalable apparaît ainsi comme un outil essentiel de bonne justice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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