Tribunal de commerce de Valenciennes, le 13 octobre 2025, n°2025005053

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le treize octobre deux mille vingt-cinq, est saisi d’une procédure de redressement judiciaire. Face à une situation économique et financière complexe, le tribunal estime ne pas disposer d’éléments suffisants pour statuer au fond. Il ordonne donc une mesure d’instruction en désignant un juge-commis et un expert. La solution retenue est un jugement d’administration judiciaire ouvrant une enquête préalable à toute décision sur le sort de l’entreprise.

L’encadrement procédural d’une mesure d’instruction exceptionnelle

Le tribunal fonde strictement sa décision sur les pouvoirs d’investigation que la loi lui confère. Il rappelle que le législateur autorise une telle mesure pour éclairer sa décision ultérieure. « ATTENDU qu’aux termes du même article, le tribunal peut, avant de statuer, commettre un juge pour recueillir tous renseignements et le juge se faire assister de tout expert de son choix » (Tribunal de commerce de commerce de Reims, le 27 mai 2025, n°2025002727). Cette citation identique à une jurisprudence récente confirme l’existence d’un pouvoir discrétionnaire mais encadré.

La portée de cette décision est de poser un strict formalisme comme condition de validité. Le tribunal ne se contente pas d’ordonner l’enquête. Il en définit précisément l’objet, à savoir la situation financière, économique et sociale de la société débitrice. Cette délimitation est essentielle pour garantir la proportionnalité de l’investigation. Elle évite toute dérive inquisitoriale et assure que les investigations restent centrées sur les besoins de la procédure collective.

La mise en œuvre concrète des pouvoirs du juge-commis

La désignation simultanée d’un magistrat et d’un expert constitue le cœur opérationnel du jugement. Le tribunal commet un juge du siège et l’autorise à se faire assister par un expert judiciaire désigné nominativement. Cette dualité assure une investigation à la fois juridique et technique. Elle combine l’autorité du magistrat et les compétences spécialisées de l’expert pour une analyse complète de l’entreprise.

La valeur de cette décision réside dans sa précision exécutoire. Le tribunal fixe un calendrier impératif pour le dépôt du rapport au greffe. Il organise également la notification du jugement et la convocation des parties à une audience ultérieure. Ces modalités garantissent l’effectivité de la mesure et le respect des droits de la défense. Elles transforment un pouvoir discrétionnaire en une procédure rigoureuse et contradictoire, sécurisant ainsi la phase préparatoire du jugement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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