Tribunal de commerce de Tours, le 14 octobre 2025, n°2025006631

Le tribunal de commerce de Tours, statuant le 14 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. La juridiction retient la date du 14 avril 2024 comme date de cessation des paiements en application de l’article L.631-8 du code de commerce. Cette décision illustre les conditions d’ouverture d’une procédure simplifiée et le pouvoir d’appréciation du juge pour fixer la date de cessation des paiements.

La mise en œuvre du régime de liquidation simplifiée

Les conditions d’application du dispositif allégé sont strictement remplies par la situation du débiteur. Le tribunal constate l’absence de salarié et un chiffre d’affaires annuel inférieur à trois cent mille euros. Il relève également que l’actif du débiteur ne comprend aucun bien immobilier, conformément aux exigences légales. Ces éléments permettent l’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée prévue par l’article L.641-2 du code de commerce.

La portée de cette qualification réside dans l’allègement des formalités procédurales. Le tribunal fixe un délai de clôture de six mois et impose des délais raccourcis pour l’établissement de l’état de l’actif et du passif. Cette adaptation procédurale vise une gestion plus rapide et moins coûteuse des petites défaillances. Elle témoigne d’une volonté d’efficacité dans le traitement des procédures sans complexité particulière.

Le pouvoir souverain de fixation de la date de cessation des paiements

Le juge use de son pouvoir discrétionnaire pour dater rétroactivement la cessation des paiements. Il fixe provisoirement la date au 14 avril 2024 en se fondant sur les pièces produites. Le tribunal motive sa décision en indiquant que cette date correspond au moment où les dettes étaient exigibles sans possibilité d’acquittement. Cette fixation anticipe sur le jugement d’ouverture et influence la période suspecte.

La valeur de cette décision réside dans la démonstration du pouvoir d’appréciation des juges du fond. « FIXE, au regard des pièces produites, provisoirement la date de cessation des paiements au 14/04/2024, date à laquelle les dettes étaient exigibles sans que l’entreprise puisse les acquitter. » (Motifs) Cette appréciation in concreto peut être contestée en cas de preuve contraire. Une jurisprudence rappelle que la preuve de la date de cessation des paiements doit être établie. « En conséquence la preuve que la SAS [I] était en état de cessation des paiements le 12.07.2020 n’est pas établie » (Cour d’appel de Paris, le 15 septembre 2022, n°22/01647)

La portée de ce pouvoir est tempérée par l’exigence de motivation. Une fixation de date doit reposer sur des éléments probants, sous peine de censure. « Le tribunal a fixé la date de cessation de paiements au 2 mai 2022 sans motiver sa décision. » (Cour d’appel de Versailles, le 4 juillet 2023, n°23/00436) En l’espèce, le tribunal s’appuie sur les déclarations et les pièces pour justifier son choix. Cette démarche garantit la sécurité juridique et le respect des droits des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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