Tribunal de commerce de Toulon, le 7 octobre 2025, n°2025F02112

Le tribunal de commerce de Toulon, statuant le 7 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. Il constate l’impossibilité pour la société débitrice de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Le tribunal retient ainsi l’état de cessation des paiements et applique les articles L. 631-1 et suivants du code de commerce. Il désigne les organes de la procédure et fixe le cadre de la période d’observation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La condition légale du redressement judiciaire. L’ouverture de la procédure est subordonnée à la constatation de la cessation des paiements. Le tribunal relève que la débitrice emploie deux salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 113 544 euros. Il fonde sa décision sur l’examen des pièces produites et des informations recueillies en chambre du conseil. L’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible est ainsi établie.

La portée d’une appréciation souveraine des juges du fond. La qualification de la situation financière relève de l’appréciation des premiers juges. Le tribunal constate que « la débitrice se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette analyse concorde avec une jurisprudence récente qui exige cet élément constitutif. « L’état de cessation des paiements doit être constaté » (Tribunal de commerce de Coutances, le 7 octobre 2025, n°2025002906). Elle s’oppose en revanche aux situations où l’actif disponible couvre le passif exigible déclaré.

Les modalités d’ouverture et le cadre de la procédure

Les désignations et mesures immédiates de la décision. Le tribunal procède aux nominations requises par la loi pour organiser la procédure. Il désigne un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et des commissaires-priseurs judiciaires. Il fixe provisoirement la date de cessation des paiements au jour du jugement. La période d’observation est arrêtée à six mois avec une audience de suivi prévue en décembre 2025.

Les injonctions adressées au débiteur et les conséquences de leur inobservation. La décision comporte des invitations précises assorties de sanctions potentielles. Le débiteur doit produire des documents comptables certifiés pour l’audience de prolongation. À défaut, le tribunal pourra prononcer immédiatement la liquidation judiciaire. Les salariés sont invités à désigner un représentant sous peine d’un procès-verbal de carence. Ces mesures visent à garantir l’efficacité du contrôle judiciaire durant l’observation.

Cette décision illustre le contrôle strict exercé sur la condition d’ouverture du redressement judiciaire. Elle rappelle que la cessation des paiements s’apprécie souverainement au vu de la situation réelle de l’entreprise. La mise en œuvre rapide d’un cadre procédural contraignant souligne l’objectif de préservation de l’activité et de l’emploi.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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