Tribunal de commerce de Toulon, le 14 octobre 2025, n°2025F01821

Le Tribunal de commerce de Toulon, le 14 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société de travaux agricoles. Saisi par un organisme de protection sociale, le tribunal constate l’état de cessation des paiements de la débitrice. Il désigne les organes de la procédure et fixe provisoirement la date de cessation des paiements ainsi qu’une période d’observation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La condition légale d’ouverture est établie par le juge. Le tribunal vérifie l’existence du fait générateur de la procédure collective. Il relève l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette constatation est essentielle pour justifier l’ouverture du redressement judiciaire.

« il résulte des pièces produites et des informations recueillies en Chambre du Conseil que la débitrice se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs de la décision). Cette formulation reprend exactement les termes d’une jurisprudence antérieure du même tribunal. Elle consacre une approche concrète et patrimoniale de la notion de cessation des paiements. La solution s’inscrit dans une application stricte de l’article L. 631-1 du code de commerce.

Les mesures d’administration et de surveillance de la procédure

Le tribunal organise le déroulement futur de la procédure collective. Il prend diverses mesures conservatoires et prévisionnelles dès le jugement d’ouverture. La désignation du juge-commissaire et du mandataire judiciaire est immédiate. Le tribunal fixe également une date pour l’examen de la prolongation de la période d’observation.

« FIXE provisoirement au 13/10/2025 la date de cessation des paiements » (Par ces motifs). Cette fixation provisoire est une mesure courante mais importante. Elle permet de sécuriser la période suspecte tout en laissant une possibilité de révision. La jurisprudence rappelle que « le tribunal fixe la date de cessation des paiements après avoir sollicité les observations du débiteur » (Cour d’appel de Montpellier, le 20 mai 2025, n°24/06212). Le tribunal invite aussi la société à produire des documents comptables pour la prochaine audience. Il assortit cette invitation d’une mise en garde sur les conséquences d’un défaut.

Cette décision illustre le contrôle du juge sur les conditions d’ouverture de la procédure. Elle montre également la gestion anticipée des étapes futures du redressement judiciaire. Le tribunal assure ainsi une transition ordonnée vers l’administration collective des biens de la société.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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