Tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, le 8 octobre 2025, n°2025F00876

Le tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, statuant le 8 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société holding concernée, en impossibilité de faire face à son passif exigible, est reconnue en état de cessation des paiements. Le tribunal constate cet état et prononce l’ouverture de la procédure tout en fixant une période d’observation de six mois.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète
L’article L631-1 du code de commerce définit la cessation des paiements par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Le tribunal applique strictement ce critère en l’espèce. Il relève que « l’entreprise ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette constatation matérielle est essentielle pour ouvrir la procédure. La jurisprudence confirme cette approche en jugeant que « l’état de cessation des paiements est constaté » dès lors que cette impossibilité est établie (Tribunal de commerce de commerce de Chalon-sur-Saône, le 22 mai 2025, n°2025003924). La portée de cette qualification est décisive car elle conditionne l’accès au redressement judiciaire.

La détermination de la date de cessation des paiements
Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation au 10 juin 2025 suivant les déclarations de la société. Cette date est retenue car « il convient donc de retenir cette date » (Motifs). La détermination de ce point de départ est cruciale pour la période suspecte. Elle influence la validité des actes passés par le débiteur avant l’ouverture. La fixation provisoire permet une révision ultérieure si des éléments nouveaux apparaissent. Cette démarche assure une sécurité juridique pour l’ensemble des acteurs de la procédure collective.

Les modalités d’ouverture et les perspectives de la procédure

La décision d’ouverture et ses conséquences immédiates
Le tribunal prononce l’ouverture du redressement judiciaire en raison de perspectives de redressement. Il estime que « la situation à ce jour n’est pas irrémédiablement compromise » (Motifs). Cette appréciation positive justifie le choix du redressement plutôt que de la liquidation. Conformément à la loi, il désigne immédiatement les organes de la procédure, dont un mandataire judiciaire. La décision « emporte convocation au débiteur et au représentant des salariés » (Dispositif). Ces mesures assurent le pilotage immédiat et encadré de la procédure pour protéger les intérêts en présence.

L’organisation de la période d’observation
Le tribunal ouvre une période d’observation de six mois jusqu’au 10 avril 2026. Il fixe également une audience de suivi pour le 8 décembre 2025. Cette structuration temporelle permet d’analyser la viabilité de l’entreprise. Le tribunal rappelle les obligations du débiteur, comme transmettre la liste de ses créanciers. Il évoque aussi les issues possibles, dont une conversion en liquidation. Cette phase est fondamentale pour préparer un plan de redressement susceptible d’être adopté. Elle incarne la finalité de la procédure qui est de permettre la poursuite de l’activité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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