Tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, le 10 octobre 2025, n°2025F00881

Le tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, le 10 octobre 2025, ouvre un redressement judiciaire. La société requérante est en cessation des paiements depuis le 15 septembre 2025. Le tribunal constate cet état mais perçoit des perspectives de redressement. Il désigne les organes de la procédure et ouvre une période d’observation de six mois.

Le constat de la cessation des paiements

La qualification juridique est rigoureusement appliquée. Le tribunal vérifie la concordance entre la situation de fait et la définition légale. Il rappelle que l’état de cessation des paiements suppose l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. « il ressort des pièces versées à l’appui du dossier et des explications fournies que l’entreprise ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette analyse rejoint une jurisprudence constante sur le critère. « Que la société se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, et qu’elle est donc en état de cessation des paiements » (Tribunal de commerce de commerce de Reims, le 11 mars 2025, n°2025001677). La date de cessation est fixée conformément aux déclarations du débiteur. Cette fixation est essentielle pour déterminer la période suspecte.

L’aménagement des organes de la procédure

Le tribunal adapte le cadre procédural aux caractéristiques de l’entreprise. Il relève l’absence d’obligation légale de désigner un administrateur judiciaire. Cette absence découle de l’application des seuils prévus par le code de commerce. Le tribunal fait cependant droit à la demande du débiteur. Il procède donc à une désignation sur requête expresse. « il n’y a pas lieu de désigner un administrateur judiciaire dans la procédure, mais que le débiteur l’a sollicité dans sa déclaration, et qu’il convient donc d’y faire droit » (Motifs). Cette solution illustre la souplesse du juge. Elle reconnaît l’utilité potentielle d’un tel organe pour assister le dirigeant. La mission d’assistance confiée vise à préserver les chances de redressement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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