Tribunal de commerce de Rennes, le 13 octobre 2025, n°2025P00380

Le Tribunal de commerce de Rennes, le 13 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire. Une société de maçonnerie, assignée par son organisme social, est en cessation des paiements. Le tribunal, saisi en chambre du conseil, constate l’impossibilité de tout redressement. Il applique ainsi les conditions légales de l’article L. 640-1 du code de commerce. La solution conduit à la désignation d’un liquidateur et fixe un délai pour l’examen de la clôture.

La compétence du tribunal et les conditions d’ouverture

La compétence matérielle du tribunal de commerce est d’abord vérifiée. Le juge rappelle sa compétence pour les procédures collectives concernant les activités commerciales ou artisanales. « Attendu que le Tribunal de Commerce est compétent pour prononcer l’ouverture d’une procédure de redressement et de liquidation judiciaire à l’égard d’un débiteur si celui-ci exerce une activité commerciale ou artisanale et que tel est bien le cas en l’espèce » (Tribunal de commerce de commerce de Rennes, le 13 octobre 2025, n°2025P00387). Cette affirmation ancre la décision dans son fondement juridictionnel approprié.

Les conditions substantielles de la liquidation sont ensuite réunies. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements du débiteur. Il retient également que tout redressement est manifestement impossible. Ces deux éléments cumulatifs sont exigés par la loi pour une ouverture directe en liquidation. « Selon l’article L. 640-1 du code de commerce, l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire suppose qu’un débiteur mentionné à l’article L. 640-2 soit en état de cessation des paiements et que son redressement soit manifestement impossible » (Cour d’appel de Paris, le 10 juin 2025, n°24/18637). Le juge procède donc à une application stricte du texte.

Les modalités de la procédure et ses conséquences

Le jugement organise immédiatement le déroulement futur de la liquidation. Il désigne sans délai un juge commissaire et un liquidateur professionnel. Il fixe aussi provisoirement la date de cessation des paiements au regard des dettes sociales. Cette fixation rapide est cruciale pour la période suspecte. Elle permet d’identifier les actes potentiellement annulables dans l’intérêt de la masse des créanciers.

Le tribunal impose ensuite un calendrier strict au liquidateur désigné. Un inventaire détaillé du patrimoine doit être établi avec prisée. Le rapport sur la situation du débiteur est exigé dans le mois. La liste des créances déclarées doit être déposée dans un délai de douze mois. Enfin, un délai de deux ans est fixé pour l’examen de la clôture de la procédure. Ces échéances encadrent rigoureusement la mission du liquidateur. Elles visent à garantir une administration diligente et transparente de l’insuffisance d’actif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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