Tribunal de commerce de Reims, le 13 octobre 2025, n°2025F04353

Le tribunal de commerce de Reims, le 13 octobre 2025, statue sur une requête en prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. La procédure ouverte en 2021 a vu son terme reporté à plusieurs reprises. Le liquidateur sollicite une nouvelle prorogation, invoquant la régularisation d’une vente immobilière et une instance prud’homale en cours. Le tribunal accueille favorablement cette demande et fixe un nouveau délai au 7 octobre 2026.

Les conditions légales de la prorogation

Le cadre juridique de l’examen périodique

L’article L.643-9 du code de commerce impose un examen régulier de la clôture de la liquidation. Le tribunal rappelle ce cadre en fixant initialement un délai au 7 octobre 2023. Les prorogations successives démontrent le contrôle continu exercé par le juge. Cette périodicité assure une surveillance active de la procédure par l’autorité judiciaire compétente. Elle évite ainsi une prolongation indéfinie sans motif légitime.

L’appréciation des motifs justificatifs

Le juge retient deux obstacles matériels à la clôture immédiate. « l’acte de vente de l’immeuble n’est toujours pas régularisé à ce jour, et une instance prud’homale est toujours en cours » (Attendu qu’il résulte de ladite requête). Ces éléments concrets fondent légalement la décision de surseoir. Ils illustrent la nécessité de préserver les droits des créanciers. La jurisprudence confirme cette approche exigeante pour les liquidations en cours.

La portée pratique de la décision

La préservation des intérêts en présence

La prorogation vise explicitement à préserver les droits des créanciers. Le tribunal estime qu’il est nécessaire « afin que puisse être poursuivie la présente procédure et que les droits éventuels des créanciers soient préservés » (Attendu qu’il résulte de ladite requête). Cette motivation place l’intérêt collectif au cœur du raisonnement. Elle justifie le report de la clôture malgré la durée déjà importante de la procédure. La solution assure la poursuite des opérations de liquidation dans l’intérêt général.

L’encadrement temporel de la prolongation

Le tribunal n’accorde pas une prorogation indéterminée mais fixe un terme précis. Il proroge le délai « de 12 mois, soit jusqu’au 07/10/2026 » (PAR CES MOTIFS). Cette durée est conforme à la pratique observée dans d’autres décisions similaires. Elle correspond à la période jugée nécessaire pour finaliser les opérations en suspens. Cette limitation temporelle maintient la pression sur le liquidateur pour achever sa mission. Une jurisprudence récente adopte une logique identique pour les procédures non clôturées.

Cette décision illustre la gestion pragmatique des liquidations complexes par le juge. Elle concilie le principe de célérité avec l’impératif d’une liquidation complète. Le tribunal exerce ainsi pleinement son pouvoir de contrôle et d’orientation de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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