Tribunal de commerce de Paris, le 15 octobre 2025, n°2025062984

La substitution autorisée sous contrôle judiciaire

Le tribunal exerce un pouvoir de surveillance sur les modifications du plan. La décision intervient après une audience en chambre du conseil où les organes de la procédure ont été entendus. L’administrateur judiciaire et le mandataire liquidateur ont émis un avis favorable à la demande. Le ministère public a également rendu un avis favorable, confirmant l’intérêt de la modification. Le tribunal statue ainsi en pleine connaissance des éléments du dossier et dans le respect du contradictoire.

Cette autorisation préalable est une condition impérative pour toute substitution. Elle s’inscrit dans le cadre défini par l’article L. 642-9 du code de commerce. La jurisprudence rappelle que « toute substitution de cessionnaire doit être autorisée par le tribunal dans le jugement arrêtant le plan de cession » (Cass. Chambre sociale, le 31 janvier 2024, n°22-10.276). Le contrôle judiciaire protège ainsi la mise en œuvre du plan et les intérêts des créanciers.

Le maintien de la garantie solidaire du cédant

La décision dissocie clairement la substitution de personne et la libération des engagements. Le tribunal constate que le cessionnaire initial demeure garant solidaire. Cette solution est directement tirée de la loi, qui prévoit que « l’auteur de l’offre retenue par le tribunal reste garant solidairement de l’exécution des engagements qu’il a souscrits » (Cass. Chambre sociale, le 31 janvier 2024, n°22-10.276). La garantie survit donc au changement de cessionnaire.

Cette règle assure une sécurité juridique essentielle pour les créanciers. Elle empêche toute éviction des engagements souscrits lors de l’arrêté du plan. La Cour d’appel de Paris a rappelé ce principe en indiquant qu’en l’absence d’autorisation, les contrats de travail se transfèrent de plein droit (Cour d’appel de Paris, le 27 février 2024, n°23/07298). Le maintien de la garantie solidaire constitue ainsi la contrepartie nécessaire de la substitution autorisée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture