Tribunal de commerce de Orléans, le 8 octobre 2025, n°2025002363

Le Tribunal de commerce d’Orléans, statuant le 8 octobre 2025, a converti une procédure de sauvegarde en liquidation judiciaire simplifiée. La société, exploitant un restaurant, était en état de cessation des paiements. Le tribunal a constaté l’impossibilité de poursuivre la sauvegarde et l’absence de plan de cession. Il a donc prononcé la conversion et fixé provisoirement la date de cessation des paiements. Cette décision illustre les conditions strictes de la conversion d’une procédure de sauvegarde.

Les conditions de la conversion de la sauvegarde en liquidation.

Le tribunal a relevé que la situation de l’entreprise était irrémédiablement compromise. La poursuite de la procédure de sauvegarde était manifestement impossible selon les éléments recueillis. Aucun plan de cession ou de sauvegarde ne pouvait être envisagé pour l’avenir. La conversion est ainsi justifiée par l’échec avéré de la procédure de redressement. Ce constat objectif est une condition légale impérative pour prononcer la liquidation.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements.

Le jugement fixe provisoirement cette date au jour même de sa prononciation. Cette décision est prise en l’absence d’éléments permettant une datation plus précise. Elle s’inscrit dans une pratique jurisprudentielle admise par les tribunaux. En effet, un autre tribunal a déjà statué qu’il pouvait « dès à présent fixer provisoirement la date de cessation des paiements » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 15 décembre 2025, n°2025015363). Cette fixation provisoire préserve les droits des créanciers.

La portée de la décision et ses conséquences procédurales.

La conversion entraîne la désignation d’un liquidateur et un délai de douze mois pour clôturer. Le dirigeant social demeure en fonction pour les actes étrangers à la mission du liquidateur. Cette mesure organise la transition et la fin des activités de la société débitrice. Le tribunal encadre strictement les opérations de liquidation par des délais impératifs. La décision consacre ainsi l’échec définitif de la continuation de l’entreprise.

La valeur de l’arrêt réside dans son application rigoureuse des textes. Il rappelle que la sauvegarde ne peut persister sans espoir de redressement. La fixation provisoire de la cessation des paiements est une solution pragmatique. Elle permet d’avancer dans la liquidation tout en respectant les droits des parties. Ce jugement s’inscrit dans la lignée des décisions qui adaptent la procédure aux réalités constatées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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