Tribunal de commerce de Orléans, le 15 octobre 2025, n°2025005177

Le Tribunal de commerce d’Orléans, le 15 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. Le débiteur a sollicité cette ouverture après avoir déclaré être en cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de faire face au passif exigible et l’absence de plan de redressement possible. Il applique le régime simplifié en raison de la modicité des seuils d’activité et fixe provisoirement la date de cessation des paiements.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal vérifie d’abord les conditions légales d’ouverture de la procédure. Il relève que la société « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formule consacre l’état de cessation des paiements défini par l’article L.631-1 du code de commerce. Le constat s’appuie sur les déclarations du dirigeant et les informations recueillies par le tribunal. La demande émane du débiteur lui-même, qui reconnaît sa situation.

La fixation de la date de cessation des paiements est un enjeu essentiel. Le jugement la fixe « provisoirement au 15 avril 2024 ». Cette date peut être ultérieurement modifiée par le juge-commissaire. Une jurisprudence rappelle que la date peut être déterminée par un acte significatif, tel qu’une « saisie-attribution infructueuse » (Cour d’appel de Paris, le 23 avril 2024, n°23/17013). La fixation provisoire permet d’encadrer la période suspecte tout en préservant un réexamen.

Les conditions et modalités de la liquidation simplifiée

Le tribunal retient le régime de la liquidation judiciaire simplifiée. Ce choix est justifié par la structure modeste de l’entreprise. Le jugement note que « son actif ne comprend pas de biens immobiliers » et que ses effectifs et chiffre d’affaires sont inférieurs aux seuils légaux. Ce régime allégé est prévu pour les petites entreprises sans complexité patrimoniale. Une jurisprudence antérieure applique aussi ces « critères de la liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 3 février 2025, n°2024016567).

Les conséquences procédurales de ce régime sont ensuite détaillées. Le liquidateur dispose de délais raccourcis pour réaliser l’actif et établir l’état des créances. La vente des biens doit intervenir dans un délai de quatre mois. Le jugement impose un délai global de douze mois pour la clôture, sauf prorogation exceptionnelle. Le dirigeant social demeure en fonction pour les actes étrangers à la mission du liquidateur. Cette organisation vise une liquidation rapide et peu coûteuse.

Cette décision illustre l’application rigoureuse des conditions de la liquidation simplifiée. Elle montre la souplesse de la fixation provisoire de la date de cessation des paiements. Le jugement organise une procédure accélérée adaptée à la modestie du patrimoine du débiteur. Il garantit ainsi une issue rapide tout en préservant les droits des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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