Tribunal de commerce de Nice, le 9 octobre 2025, n°2025RG02909

Le Tribunal de commerce de Nice, statuant le 9 octobre 2025, se prononce sur une déclaration de cessation des paiements. La société débitrice, exploitant un établissement de restauration, a effectué cette déclaration le 3 octobre 2025. Après audition en chambre du conseil, le tribunal constate l’impossibilité de redressement. Il prononce en conséquence l’ouverture d’une liquidation judiciaire à l’encontre de la personne morale.

La régularité procédurale de la déclaration et de l’instruction

Le respect des formalités légales encadrant la déclaration. La décision rappelle le strict cadre procédural initié par le débiteur. Celui-ci a procédé à la déclaration de cessation des paiements en application des articles L631-4 et R631-1 du Code de commerce. Cette démarche volontaire, effectuée au greffe du tribunal compétent, ouvre légalement la procédure. Elle illustre la formalisation d’une situation de fait constatée par le dirigeant.

La convocation et l’audition des parties concernées par le tribunal. Le juge veille ensuite au respect des droits des parties impliquées. La déclarante et les représentants du personnel ont été appelés à comparaître en chambre du conseil. Cette convocation respecte l’obligation d’information préalable. L’audition permet au tribunal de recueillir les explications sur les motifs de la déclaration. Elle garantit ainsi un débat contradictoire avant toute décision définitive.

Les conditions de fond justifiant le prononcé de la liquidation

La constatation irréfutable de l’état de cessation des paiements. Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation concrète de la situation économique. Il relève que la débitrice se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette constatation est essentielle pour caractériser l’état de cessation des paiements. Elle constitue le préalable légal indispensable à l’ouverture d’une procédure collective.

L’impossibilité manifeste de redressement justifiant la liquidation. Au-delà de l’insolvabilité, le juge examine les perspectives de survie de l’entreprise. Les éléments présentés par l’entreprise établissent que son redressement est manifestement impossible. Cette impossibilité, constatée dès l’ouverture, conduit directement au prononcé de la liquidation. Le tribunal applique ainsi strictement l’article L640-1 du code de commerce. Il renonce à une période d’observation qu’il estime inutile.

La portée de la décision réside dans son application rigoureuse des textes. Elle confirme que la déclaration volontaire, bien que formalisant la défaillance, ne lie pas le juge. Ce dernier conserve son pouvoir souverain d’appréciation des conditions de fond. La référence à l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible constitue le cœur de son raisonnement. Cette décision s’inscrit dans la lignée d’une jurisprudence constante sur le sujet. Elle rappelle que la liquidation immédiate reste l’exception, justifiée par une situation sans issue.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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