Tribunal de commerce de Nantes, le 8 octobre 2025, n°2025010778

Le Tribunal de commerce de Nantes, statuant le 8 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société concernée avait déclaré sa cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de redressement et la réunion des conditions légales. Il prononce donc la procédure simplifiée et fixe la date de cessation des paiements.

La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde sa décision sur l’appréciation concrète de la situation financière. Il relève l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Cette analyse s’appuie sur les informations recueillies et les pièces produites en audience.

« Il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que la SARL E.U.R.L. GIA se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible et se trouve en état de cessation des paiements » (Motifs). Cette constatation est centrale pour ouvrir toute procédure collective. Elle rejoint la définition légale rappelée par la jurisprudence. « L’article L631-1 du Code de commerce définit la cessation des paiements comme la situation d’une société qui se trouve « dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » » (Cour d’appel de Nancy, le 10 septembre 2025, n°24/01465). Le jugement applique strictement ce critère sans nécessiter un détail chiffré exhaustif.

L’absence de perspective justifiant la liquidation simplifiée

Le tribunal examine ensuite l’absence de toute solution alternative au démantèlement. Il retient l’impossibilité tant d’un redressement que d’une cession. La situation est qualifiée d’irrémédiablement compromise par le représentant légal.

« Il ressort de la déclaration de cessation des paiements et des explications données en chambre du conseil qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif, et que l’élaboration d’un plan de cession, tel que prévu par loi, est impossible » (Motifs). Cette double impossibilité est essentielle pour orienter vers la liquidation. Elle démontre la fin de l’activité économique et sociale de l’entreprise. Le tribunal valide ainsi les déclarations du dirigeant sur l’inexistence d’un avenir viable.

Les conditions spécifiques de la procédure simplifiée

Le jugement vérifie le respect des critères légaux pour appliquer le régime simplifié. Il constate que les conditions prévues par les textes sont réunies. Cette qualification permet une procédure accélérée et allégée.

« ATTENDU qu’il résulte des pièces produites que les conditions mises par les articles L.641-2, D.641-10 du code de commerce sont réunies pour l’application de la liquidation judiciaire simplifiée » (Motifs). Le tribunal ne détaille pas ces conditions dans les motifs. Il s’agit vraisemblablement d’une petite entreprise sans complexité particulière. Ce régime favorise une clôture rapide pour limiter les coûts de la procédure.

Les modalités pratiques de la liquidation prononcée

Le dispositif organise les premières étapes de la liquidation simplifiée. Il nomme les organes de la procédure et fixe un calendrier contraint. Le juge impose notamment un délai de six mois pour la clôture.

« FIXE en conformité de l’article L.644-5 du code de commerce à six mois la date à laquelle la clôture de la procédure devra être prononcée » (Dispositif). Ce délai impératif est caractéristique de la procédure simplifiée. Il traduit la volonté du législateur d’une liquidation expéditive. Le liquidateur devra agir avec célérité pour réaliser l’actif et établir l’état des créances.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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