Tribunal de commerce de Grenoble, le 8 octobre 2025, n°2025F01971

Le Tribunal de commerce de Grenoble, statuant le huit octobre deux mille vingt-cinq, a été saisi d’une déclaration de cessation des paiements. Après audition de la gérante, il constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement. Le tribunal prononce en conséquence l’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée en application des articles L.640-1 et L.641-2 du code de commerce.

La constatation de la situation de cessation des paiements

Le tribunal vérifie d’abord l’existence de la cessation des paiements. Il relève que les informations recueillies établissent l’impossibilité de faire face au passif exigible. « établissent que l’entreprise se trouve en situation de cessation des paiements par son impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette constatation est le préalable nécessaire à toute ouverture d’une procédure collective. Elle démontre l’insolvabilité actuelle de la personne morale concernée.

La fixation de la date de cessation des paiements est ensuite opérée. Le tribunal la fixe provisoirement au vingt-neuf septembre deux mille vingt-cinq. Cette date est cruciale pour déterminer la période suspecte. Elle influence la validité des actes passés par le débiteur avant le jugement d’ouverture.

Les conditions d’accès à la liquidation simplifiée

Le tribunal examine ensuite les critères légaux de la procédure simplifiée. Le débiteur expose l’absence d’actif immobilier et le respect de plafonds d’activité. « l’entreprise ne dispose d’aucun actif immobilier et que dans les six mois qui ont précédé l’ouverture de la procédure elle n’a jamais employé plus de un salarié ni réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 300.000 € » (Motifs). Ces éléments permettent de qualifier l’entreprise comme une très petite structure.

La réunion de ces conditions légales justifie le choix de la procédure. Le tribunal applique strictement les articles L.641-2 et D.641-10 du code de commerce. Cette jurisprudence rejoint une application uniforme des textes. « ATTENDU qu’il appert des pièces produites que les conditions mises par les articles L.641-2, R.641-10 du code de commerce sont réunies pour l’application de la liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 17 mars 2025, n°2025005742).

L’organisation de la procédure de liquidation

Le tribunal procède aux nominations des organes de la procédure. Il désigne un juge-commissaire et son suppléant pour contrôler la liquidation. Il nomme également un liquidateur judiciaire chargé de réaliser l’actif. Ces désignations sont essentielles au bon déroulement de la procédure collective. Elles assurent une administration transparente et conforme à la loi.

Le tribunal missionne également un commissaire de justice pour l’inventaire. Il fixe un délai pour l’établissement de la liste des créances. Il prévoit enfin l’examen de la clôture dans un délai de six mois. Ces mesures cadrent une procédure rapide et adaptée à la petite taille du débiteur.

Les conséquences de la qualification en très petite entreprise

Le recours à la liquidation simplifiée allège substantiellement la procédure. Il évite la constitution d’un comité de créanciers souvent inadapté. La procédure est ainsi moins coûteuse et plus expéditive. Elle vise une clôture rapide pour les structures aux actifs négligeables.

Cette décision illustre l’application pragmatique du droit des entreprises en difficulté. Elle protège les créanciers tout en tenant compte de la réalité économique. La liquidation simplifiée constitue un outil procédural essentiel. Elle permet une gestion efficace des défaillances des très petites entreprises.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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