Tribunal de commerce de Créteil, le 15 octobre 2025, n°2025P01312

Le tribunal de commerce de Créteil, statuant le 15 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. Il constate l’état de cessation des paiements de la société et fixe provisoirement cette date au 30 juin 2025. Le tribunal retient la possibilité d’un plan de redressement et ouvre une période d’observation de six mois.

La qualification de l’état de cessation des paiements

La détermination de l’état de cessation des paiements. Le tribunal constate que le débiteur n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il relève un passif exigible de 591 566 euros pour un actif disponible de seulement 1 700 euros. Cette situation objective répond à la définition légale de la cessation des paiements. La jurisprudence rappelle que cet état est caractérisé lorsque « la situation financière de l’entreprise répond à la définition sus-relatée » (Tribunal de commerce de commerce de Gap, le 19 mars 2025, n°2025F00077). L’appréciation est donc strictement comptable et ne requiert pas l’arrêt complet des paiements.

La fixation provisoire de la date de cessation. Le tribunal fixe provisoirement la date au 30 juin 2025 en se fondant sur un faisceau d’indices. Il note le défaut de paiement des cotisations sociales et des dettes courantes à cette date. Il relève également que les salaires n’étaient plus réglés depuis juin 2024. Cette fixation est cruciale pour la période suspecte. Elle démontre une approche pragmatique face à une situation de détérioration progressive. La cour d’appel de Nîmes a jugé que la date doit être fixée lorsqu’il n’y a plus « de trésorerie suffisante la laissant en mesure de règler ses dettes exigibles » (Cour d’appel de Nîmes, le 16 mai 2025, n°24/03228). Le tribunal opère ici cette recherche concrète.

Les perspectives ouvertes par la procédure de redressement

L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Le tribunal choisit le redressement judiciaire plutôt que la liquidation. Il motive sa décision par les éléments laissant apparaître la capacité à présenter un plan. L’objectif est de garantir la poursuite d’activité et le maintien de l’emploi. Cette décision est prise en application de l’article L. 631-8 du code de commerce. Elle illustre la finalité préventive du redressement lorsque l’entreprise présente des perspectives de survie. Le tribunal agit comme un régulateur de la vie économique.

L’organisation de la période d’observation. Le tribunal met en place le cadre de l’observation pour une durée de six mois. Il désigne un administrateur judiciaire pour assister le débiteur dans tous les actes de gestion. Un mandataire judiciaire est nommé pour représenter les créanciers. Le tribunal convoque une audience de suivi pour le 17 décembre 2025. Cette organisation stricte vise à contrôler la gestion et à préparer un plan viable. Elle place l’entreprise sous protection judiciaire tout en préparant son avenir.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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