Tribunal de commerce de Créteil, le 15 octobre 2025, n°2025P01309

Le tribunal de commerce de Créteil, le 15 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, en cessation d’activité, a déclaré son état de cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de redressement. Il fixe provisoirement la date de cessation des paiements et organise les modalités de la procédure simplifiée.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal applique strictement la définition de la cessation des paiements. Il constate l’incapacité du débiteur à faire face à son passif exigible. « Il en résulte que le débiteur n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). L’actif disponible est nul face à un passif exigible de vingt-quatre mille euros. Cette approche confirme une jurisprudence constante sur l’appréciation de l’actif disponible. « Que le demandeur est donc en état de cessation des paiements » (Tribunal de commerce de commerce de Gap, le 19 février 2025, n°2025F00037).

La fixation provisoire de la date de cessation

La détermination de la date revêt une importance cruciale. Le tribunal retient une date antérieure à la déclaration. Il fixe provisoirement la cessation des paiements au 2 mai 2025. Cette date précède l’arrêt définitif de l’activité commerciale le 15 mai 2025. Le juge s’appuie sur l’impossibilité de faire face aux dettes courantes et fiscales. Cette méthode permet de préserver la période suspecte et les droits des créanciers.

Les conditions du prononcé de la liquidation simplifiée

L’impossibilité manifeste de redressement

Le prononcé de la liquidation judiciaire requiert l’impossibilité de redressement. Le tribunal relève l’absence totale d’activité depuis plusieurs mois. Le débiteur confirme lui-même sa demande de liquidation judiciaire. « Qu’il en résulte qu’un redressement est manifestement impossible » (Motifs). Cette constatation est une condition sine qua non pour ouvrir la liquidation. Elle s’appuie sur une appréciation souveraine des circonstances de l’espèce.

Le cadre procédural de la liquidation simplifiée

Le tribunal opte pour la procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Ce choix est dicté par l’absence de bien immobilier dans l’actif. Les caractéristiques du dossier permettent l’application obligatoire de ce régime. Il fixe un délai d’un an pour examiner la clôture de la procédure. Ce cadre accéléré vise les petites entreprises aux actifs réduits. Il organise une réalisation rapide des biens dans un délai de quatre mois.

Cette décision illustre l’application rigoureuse des critères de la cessation des paiements. Elle rappelle que l’actif disponible s’apprécie de manière restrictive. Le choix de la procédure simplifiée suit une logique d’efficacité et de proportionnalité. Le juge adapte ainsi les moyens procéduraux à la réalité économique du débiteur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture