Tribunal de commerce de commerce de Cannes, le 9 octobre 2025, n°2025R00049

Le juge des référés, statuant par ordonnance non susceptible d’appel, a été saisi par requête aux fins de rectification d’une erreur matérielle. Cette erreur concernait le montant alloué au titre de l’article 700 du code de procédure civile dans une ordonnance antérieure. Le juge a fait droit à la demande de rectification sans organiser d’audience. Il a ainsi ordonné la modification du dispositif pour porter le montant de huit cents euros à mille cinq cents euros.

La procédure de rectification sans débat

Le juge fonde sa décision sur l’article 462 du code de procédure civile. Ce texte lui permet de statuer sans audience lorsqu’il est saisi par requête. « lorsqu’il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » (SUR CE, NOUS, LE JUGE DES REFERES). Le juge applique strictement cette disposition procédurale en l’espèce. Il estime en effet que l’examen de la requête ne nécessite pas la tenue d’une audience contradictoire. Cette approche confirme une interprétation constante de cette faculté offerte au juge. Une jurisprudence récente rappelle d’ailleurs que « Toutefois lorsqu’il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » (Tribunal judiciaire de Lille, le 29 juillet 2025, n°25/01146). La présente décision en illustre la mise en œuvre concrète.

La qualification de l’erreur comme matérielle est essentielle à la procédure. Le juge constate que la décision initiale est entachée d’une telle erreur nécessitant réparation. L’écart entre le montant mentionné dans les attendus et celui figurant au dispositif est flagrant. Cette contradiction interne constitue une erreur matérielle au sens de l’article 462. La rectification vise ainsi à rétablir la cohérence de la décision avec l’intention du juge. Elle ne remet pas en cause le fond du litige mais en corrige une simple manifestation formelle. Cette opération garantit l’exactitude et l’autorité de la chose jugée. La procédure suivie assure donc une correction rapide et efficace sans alourdir inutilement les délais.

Les effets limités de la décision rectificative

La rectification opérée a pour seul objet de conformer le dispositif aux motifs. Le juge ordonne le remplacement de la mention erronée dans le texte original de l’ordonnance. Cette modification doit être portée sur la minute et notifiée aux parties concernées. La décision rectificative ne modifie pas le fond du droit, se bornant à une correction formelle. Elle ne constitue pas une nouvelle condamnation mais la précision de la première. La portée de l’acte est ainsi strictement encadrée par la nature de l’erreur qu’il répare. Cette limitation est fondamentale pour préserver l’autorité de la chose jugée. Elle évite toute réouverture du débat sur le fond sous couvert d’une rectification.

Le régime des voies de recours reste attaché à la décision initiale. Le juge précise que l’ordonnance de rectification n’est pas susceptible d’appel. Les voies de recours applicables sont celles qui étaient ouvertes contre la décision rectifiée. Cette solution est logique au regard de la nature accessoire de la procédure. Elle empêche les parties de prolonger indûment le litige par un recours spécifique. La jurisprudence antérieure confirme cette approche en des termes similaires. « Le 3ème alinéa de l’article 462 du Code de Procédure Civile permet au juge, dans le cadre d’une demande de rectification d’erreur matérielle, lorsqu’il est saisi par requête, de statuer sans audience, ce que le Tribunal fera en l’espèce » (Tribunal de commerce de commerce de Bordeaux, le 5 août 2025, n°2025R00868). La présente décision s’inscrit dans cette ligne et assure la sécurité juridique. Elle garantit une correction efficace sans créer une nouvelle instance contentieuse.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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