Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 9 octobre 2025, n°2025008946

Le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, statuant le 9 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société de travaux publics. La société, en cessation des paiements avec un actif disponible inexistant et un passif exigible, voit son redressement jugé impossible. Le tribunal retient ainsi le régime de la liquidation simplifiée et autorise une poursuite d’activité temporaire pour les besoins de la liquidation.

Le constat d’une impossibilité manifeste de redressement

Les éléments caractérisant l’état de cessation des paiements

Le tribunal constate d’abord l’état de cessation des paiements de la société débitrice. Il relève l’inexistence de l’actif disponible face à un passif exigible provisoirement évalué. « Ainsi la société ne peut faire face au passif exigible avec son actif disponible, elle est bien en état de cessation des paiements » (Motifs). Ce constat factuel, élément légal de l’ouverture, est établi sans équivoque par la comparaison des bilans. La décision rappelle ainsi la définition objective de la cessation des paiements, fondement nécessaire de toute procédure collective.

L’appréciation souveraine de l’impossibilité de redressement

Le juge procède ensuite à l’appréciation de l’absence de perspectives de redressement. Il se fonde sur les informations recueillies pour estimer que le redressement est exclu. « Attendu que selon les informations recueillies le redressement de l’entreprise est manifestement impossible » (Motifs). Cette appréciation, laissée à la souveraineté des juges du fond, conduit directement à l’ouverture d’une liquidation. Elle évite une période d’observation inutile, conformément à l’esprit du texte lorsque toute perspective de continuité est écartée.

Le choix de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Les critères justifiant le recours au régime simplifié

La décision applique le régime de la liquidation judiciaire simplifiée prévu par le code de commerce. Ce choix procédural est induit par la situation économique et sociale de l’entreprise. L’absence d’emploi salarié et la modicité relative du passif exigible en sont les indices caractéristiques. Le tribunal use de cette procédure accélérée et allégée, adaptée aux petites structures. Il en précise les délais impératifs pour le dépôt de l’état des créances et l’examen de la clôture.

Les modalités pratiques de la liquidation ordonnée

Le tribunal organise concrètement la procédure en désignant les mandataires de justice. Il autorise exceptionnellement la poursuite de l’activité pour deux mois, limitée aux besoins de la liquidation. Cette mesure vise à permettre la réalisation ordonnée des actifs dans des conditions potentiellement plus favorables. La fixation de la date de cessation des paiements rétroagit pour assurer la cohérence du traitement des créances. L’ensemble du dispositif vise une liquidation rapide et efficiente, dans le cadre strict défini par la loi.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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