Tribunal de commerce de Carcassonne, le 8 octobre 2025, n°2025003178

Le Tribunal de commerce de Carcassonne, le 8 octobre 2025, se prononce sur une demande d’ouverture d’une liquidation judiciaire. La gérante d’une société a déposé une déclaration de cessation des paiements. Elle sollicite une liquidation sans observation, l’activité étant arrêtée. Le tribunal retient l’absence de redressement et l’existence de trois salariés. Il prononce une liquidation judiciaire simplifiée et fixe la date de cessation des paiements.

Le prononcé d’une liquidation simplifiée

Les conditions légales du régime simplifié

Le juge vérifie le respect des critères légaux pour appliquer ce régime. La décision constate l’absence de bien immobilier dans l’actif de la société débitrice. Elle relève également la présence de trois salariés au sein de l’entreprise. Le tribunal n’évoque pas explicitement les seuils de chiffre d’affaires. Il fonde son choix sur l’impossibilité manifeste de tout redressement. « Attendu qu’il résulte des déclarations du débiteur et de la déclaration de cessation des paiements qu’il n’existe aucun actif immobilier et qu’il y a trois salariés. » (Motifs) Cette appréciation in concreto permet une adaptation aux circonstances de l’espèce.

La portée pratique de ce choix procédural

Le recours à la liquidation simplifiée accélère et allège la procédure. Il évite une période d’observation jugée inutile compte tenu de la situation. La cessation d’activité et l’impossibilité de redressement justifient cette voie. Ce régime implique des délais raccourcis pour le dépôt de la liste des créances. Il conduit également à un examen rapide de la clôture de la procédure. Cette solution privilégie une liquidation efficiente lorsque le redressement est exclu.

La détermination de la date de cessation des paiements

Le pouvoir d’appréciation du juge

Le tribunal fixe cette date de manière provisoire au jour de la déclaration. Il retient ainsi la date du 3 octobre 2025, soit cinq jours avant le jugement. Aucun élément ne permet de remonter cette date à une époque antérieure. Le juge use de son pouvoir souverain pour apprécier le moment de l’insolvabilité. Cette fixation est cruciale pour la période suspecte et le rang des créances. Elle protège les actes et paiements intervenus avant cette date.

Les conséquences de cette fixation

Cette détermination a une incidence directe sur la définition du passif exigible. Elle influence également l’appréciation de la situation de l’entreprise à ce moment. Une jurisprudence rappelle que la date est fixée en fonction des éléments probants. « Aucun élément ne permettant de dire que la créance de M. [I] était exigible antérieurement. » (Cour d’appel, le 27 novembre 2025, n°25/01152) Le juge doit s’assurer que le passif était bien exigible à la date retenue. Cette décision préserve la sécurité juridique des relations contractuelles antérieures.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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