Tribunal de commerce de Bobigny, le 9 octobre 2025, n°2025P01793

Le Tribunal de commerce de Bobigny, le 9 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire immédiate à l’encontre d’une société commerciale. L’assignation émane d’un organisme social, titulaire d’une créance certaine et exigible. La société débitrice, en défaut de comparution, est déclarée en cessation des paiements. Le tribunal estime que son redressement est manifestement impossible. Il prononce donc la liquidation sans maintien d’activité et fixe la date de cessation des paiements.

La caractérisation certaine de l’état de cessation des paiements

Le juge retient une définition objective de la cessation des paiements. Il constate l’impossibilité pour le débiteur d’honorer son passif exigible. Cette appréciation s’effectue au jour où le tribunal statue sur l’ouverture de la procédure. La situation financière est avérée par une créance incontestée et un défaut de représentation.

La fixation rétroactive du point de départ de l’état de cessation

Le tribunal use de son pouvoir souverain pour dater la cessation. Il retient le jour de la première mesure probante d’impayé. « Fixe provisoirement au 14 Mars 2025 la date de cessation des paiements motivée par saisie attribution » (Motifs). Cette date antérieure sert de référence pour la période suspecte. Elle protège ainsi l’ensemble des créanciers contre les actes préjudiciables.

L’appréciation souveraine de l’impossibilité manifeste de redressement

Le prononcé de la liquidation immédiate suppose un constat d’irrémédiable. Le juge base sa décision sur l’absence totale de perspectives pour l’entreprise. « Qu’aucune perspective de redressement ou de cession n’existant » (Motifs). Ce constat est facilité par la non-comparution du dirigeant. Il justifie le rejet de la demande subsidiaire de redressement judiciaire.

Les conséquences procédurales d’une liquidation prononcée d’emblée

L’ouverture directe de la liquidation entraîne des modalités spécifiques. Le tribunal nomme sans délai un mandataire liquidateur et un juge-commissaire. Il fixe également un délai pour l’examen futur de la clôture. La procédure est ainsi orientée vers la réalisation immédiate de l’actif. Elle vise une fin rapide au bénéfice de la collectivité des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture