Tribunal judiciaire de Paris, le 25 septembre 2025, n°2024073416

Le tribunal judiciaire de Paris, par jugement du 25 septembre 2025, statue sur une action en paiement d’une créance issue d’un contrat de prêt. Le prêteur demande le remboursement du solde après défaut de l’emprunteur. Ce dernier oppose des difficultés économiques et sollicite des délais de paiement. La juridiction accueille la demande principale et rejette la demande de délais, condamnant l’emprunteur au paiement de la somme due ainsi qu’à des frais.

La consécration des conditions de l’action en paiement

Le juge vérifie d’abord l’exigibilité de la créance réclamée avant d’en constater le montant certain et liquide. L’exigibilité est établie par l’échéance du terme et une mise en demeure régulière. Le tribunal écarte tout débat sur une éventuelle déchéance du terme, considérant celui-ci échu. « Le terme du prêt est échu depuis le 31 octobre 2024. Le débat sur la validité de la clause de déchéance du terme est donc inopérant. » (Sur la créance et son exigibilité) La dernière mise en demeure notifiée régulièrement rend la créance exigible. Cette analyse restrictive assure la sécurité juridique des relations contractuelles. Elle évite les discussions dilatoires sur des clauses accessoires lorsque l’obligation principale est incontestablement née.

Le juge constate ensuite le caractère certain et liquide de la créance par l’examen des justificatifs produits. Le calcul détaillé du capital et des intérêts est validé par les pièces du dossier. « Le tribunal constate que la société BPIFRANCE justifie donc d’une créance certaine, liquide et exigible totale de 77.972,78 € » (Sur la demande principale en paiement) L’application du taux contractuel majoré pour les intérêts de retard est également actée. Cette approche confirme l’importance d’une documentation probante pour le créancier. Elle renforce l’exigence de preuve des éléments chiffrés dans les litiges financiers.

Le rejet des demandes fondées sur la situation de l’emprunteur

La juridiction écarte la demande de délais de paiement en raison de l’insuffisance des justificatifs produits. L’invocation de difficultés économiques ne suffit pas sans éléments objectifs récents. « En l’absence d’éléments objectifs permettant d’évaluer sa solvabilité, le tribunal rejettera la demande » (Sur la demande de délais de paiement) Le fait d’avoir déjà bénéficié de réaménagements est également relevé. Cette solution rappelle que l’article 1343-5 du Code civil ne s’applique pas sans preuve concrète. Elle préserve l’équilibre contractuel en évitant d’accorder des délais sans garantie de recouvrement.

Le juge use enfin de son pouvoir d’appréciation pour allouer des frais irrépétibles et condamner aux dépens. Il estime inéquitable de laisser les frais de recouvrement à la charge du créancier. « Il serait inéquitable de laisser à la charge de la société BPIFRANCE les frais exposés pour faire valoir ses droits. » (Sur les frais irrépétibles et les dépens) La condamnation à une somme forfaitaire au titre de l’article 700 du code de procédure civile en découle. Cette décision sanctionne le débiteur défaillant et compense partiellement les frais de procédure. Elle participe à une saine administration de la justice en limitant les conséquences financières du litige pour la partie victorieuse.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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