Tribunal judiciaire de Marseille, le 5 septembre 2025, n°2025011780

Le tribunal judiciaire de Marseille, statuant le 5 septembre 2025, a examiné une demande en paiement de créances commerciales. La partie défenderesse, bien que régulièrement assignée, est demeurée absente à l’audience. Le juge a donc statué sur le fond en application de l’article 472 du code de procédure civile. Il a accueilli la demande principale en paiement de factures impayées, tout en rejetant une demande accessoire de dommages-intérêts et en allouant une indemnité sur le fondement de l’article 700 du même code.

La régularité de la procédure en l’absence du défendeur

La vérification du respect des formalités substantielles. Le tribunal constate d’abord la régularité de l’assignation notifiée à personne. Il relève également que « la lettre prévue à l’article 658 du code de procédure civile a été adressée avec copie de l’acte » (Sur la régularité de l’assignation). Cette vérification préalable est essentielle pour fonder un jugement réputé contradictoire. Elle garantit les droits de la défense malgré l’absence de comparution. La portée de cette analyse est de sécuriser la décision rendue par défaut contre toute nullité procédurale.

L’application du régime de la décision réputée contradictoire. Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, « en l’absence du défendeur, il est néanmoins statué sur le fond ». Le juge ajoute qu’il « ne fait droit aux demandes que s’il les estime régulières, recevables et bien fondées » (Conformément à l’article 472…). Ce dispositif évite la paralysie de la justice en cas de défaillance d’une partie. Sa valeur réside dans l’équilibre entre célérité procédurale et protection substantielle des intérêts du défendeur absent.

Le bien-fondé des demandes et les limites du dispositif

L’accueil de la demande principale justifiée par des preuves écrites. Le tribunal fonde sa décision sur l’examen des pièces communiquées. Il estime la demande bien fondée « au vu des débats et des pièces produites par la partie demanderesse, et notamment les bons de commandes, les factures et la mise en demeure » (Au vu des débats…). La créance est ainsi liquidée avec le point de départ des intérêts fixé à la première mise en demeure. Le sens de cette motivation est d’exiger une démonstration concrète et documentée pour toute condamnation par défaut.

Le rejet des demandes non justifiées et l’allocation de frais irrépétibles. Le juge opère un tri rigoureux parmi les prétentions initiales. Il écarte ainsi la demande de dommages et intérêts « dès lors qu’elle ne justifie de sa demande ni dans son principe ni dans son quantum » (Il n’y a pas lieu…). Inversement, il alloue une indemnité au titre de l’article 700, laissant à la charge de la partie perdante les frais exposés. Cette approche distingue nettement l’indemnisation du préjudice prouvé de la compensation des frais de procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture