Tribunal judiciaire de commerce de Créteil, le 29 avril 2024, n°2025F00292

Le tribunal judiciaire, dans un jugement du 29 avril 2024, statue sur une demande en paiement d’une facture impayée. La partie défenderesse, régulièrement citée, ne comparaît pas. Le juge examine le bien-fondé de la demande au vu des seuls éléments produits par le demandeur. Il accueille partiellement la demande en condamnant au paiement de la créance justifiée, assortie d’intérêts et d’une indemnité forfaitaire.

Le formalisme de la citation en défaut et ses conséquences

Le juge vérifie la régularité de la procédure introductive d’instance. L’article 472 du code de procédure civile impose un contrôle préalable du juge en cas de défaut. Le tribunal constate que l’assignation a été adressée dans les règles. « L’assignation a bien été adressée à la dernière adresse connue de la partie défenderesse et dans les formes requises » (Motifs). La citation est donc régulière, ce qui permet à la procédure de se poursuivre valablement malgré l’absence de la partie.

L’absence de comparution entraîne une instruction déséquilibrée de la cause. La partie défaillante renonce à présenter sa défense et s’expose à un jugement sur pièces. « La partie défenderesse, n’ayant pas comparu, n’a donc pu présenter aucun argument susceptible de l’exonérer » (Motifs). Le juge statue uniquement sur les moyens et preuves apportés par le demandeur, ce qui accentue l’importance de la charge de la preuve pour ce dernier. Cette situation confère une présomption de véracité aux éléments versés aux débats par la partie présente.

L’exigence de preuve de la créance et son quantum

Le demandeur doit établir le caractère certain, liquide et exigible de sa créance. Il produit la facture litigieuse et un rapport d’expertise pour justifier le montant réclamé. Le tribunal opère un contrôle strict de la corrélation entre ces documents. « La facture et le rapport de l’expert comportent les mêmes éléments d’identification du véhicule » (Motifs). Cette concordance permet de lier les travaux facturés à la commande initiale attestée par l’expert, fondant ainsi l’obligation de payer.

Le juge opère une distinction entre la créance prouvée et la créance alléguée. Seule la partie des travaux correspondant au devis de l’expert est retenue. « La société SCANIA ne produit pas de document justifiant de l’acceptation de la défenderesse pour les travaux complémentaires » (Motifs). En l’absence de preuve d’accord sur un supplément, le tribunal réduit d’office la condamnation au montant de l’expertise, soit 23 428,61 euros. Il sanctionne ainsi le défaut de justification pour le surplus réclamé.

La mise en œuvre automatique des sanctions civiles et procédurales

Le droit commercial prévoit des sanctions pécuniaires en cas de retard de paiement. Le tribunal applique de plein droit le régime de l’article L. 441-6 du code de commerce. « Tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement » (Motifs). La condamnation inclut donc les intérêts au triple du taux légal et l’indemnité forfaitaire de quarante euros, sans discussion possible sur leur bien-fondé.

Le juge use de son pouvoir d’appréciation pour compenser les frais exposés. Sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, il alloue une somme forfaitaire pour les frais non compris dans les dépens. Il condamne également la partie défaillante à supporter l’intégralité des dépens. Cette décision vise à rééquilibrer les charges financières de l’instance, la victoire partielle du demandeur justifiant une prise en charge par la partie perdante.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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