Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 30 septembre 2025, n°2025P01655

Le tribunal judiciaire, statuant en date du 30 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société, en cessation caractérisée de paiements, présente un actif disponible dérisoire face à un passif exigible substantiel. Malgré l’échec d’une conciliation, l’existence d’offres de reprise conduit le tribunal à ouvrir une période d’observation. La solution retenue est l’admission au bénéfice du redressement judiciaire avec une observation de six mois.

La caractérisation de la cessation des paiements
La constatation de l’état de cessation des paiements est un préalable nécessaire. Le tribunal fonde sa décision sur un déséquilibre patent entre l’actif liquide et le passif exigible. « l’actif disponible peut être évalué, au vu des déclarations du dirigeant à 3.930,00 euros » (Motifs). Ce montant est insignifiant au regard des dettes immédiatement exigibles. « le passif, provisoirement évalué et sous toutes reserves, s’élève à 396.678,00 euros dont 43.484,00 euros échus et exigibles » (Motifs). L’impossibilité de faire face au passif exigible est ainsi établie objectivement.

La valeur de ce constat réside dans son approche strictement comptable et objective. Le tribunal ne se fonde pas sur des perspectives futures mais sur une photographie instantanée de la trésorerie. La portée est essentielle car elle conditionne l’accès à la procédure collective. Elle marque le point de départ légal de l’insolvabilité et déclenche la protection du débiteur contre les poursuites individuelles.

Le choix d’une procédure orientée vers la cession
Face à cette situation, le tribunal opte pour le redressement judiciaire avec une période d’observation. Cette décision est motivée par l’existence d’un espoir de poursuite d’activité via une cession. « cette dernière n’avait pu aboutir, mais qu’elle avait permis de mettre en place un prépack cession et que deux offres avaient été déposées » (Motifs). Le tribunal estime donc que la situation permet d’envisager une solution de continuité.

La mission confiée à l’administrateur judiciaire précise cette orientation cession. « aura pour mission d’assister le débiteur pour tous les actes concernant la gestion » (Motifs). Ce mandat d’assistance vise à préparer un plan de cession durant l’observation. La nomination d’un commissaire de justice pour inventaire et prisée complète ce dispositif en sécurisant l’évaluation des actifs.

Le sens de cette décision est de privilégier la préservation de l’outil économique. La valeur pratique est d’encadrer une transition organisée vers un repreneur. La portée est significative pour les créanciers, dont les droits sont gelés, mais dont le recouvrement peut être espéré via la reprise. Elle illustre la finalité moderne du redressement judiciaire axée sur la sauvegarde de l’entreprise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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