Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 16 décembre 2025, n°2025P01658

Le tribunal judiciaire, statuant en date du 16 décembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’une société. La décision constate l’état de cessation des paiements et retient l’application de la procédure simplifiée. Elle fixe également un délai maximal d’un an pour la clôture des opérations de liquidation.

La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements

La qualification juridique repose sur une appréciation concrète de la situation financière. Le juge relève l’absence d’actif disponible face à un passif exigible. Il fonde son constat sur les déclarations du dirigeant et les éléments comptables produits. « La société […] est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette approche objective consacre le principe de la cessation des paiements comme un état de fait. La portée est essentielle car elle conditionne l’ouverture de toute procédure collective.

L’impossibilité du redressement est établie de manière manifeste par le tribunal. La société a elle-même indiqué renoncer à poursuivre son activité. Le juge en déduit l’inexistence de toute perspective de continuation. « La situation de fait corroborée par les propres déclarations du dirigeant est probante » (Motifs). Cette appréciation confère une valeur probante forte aux aveux du débiteur. La solution écarte ainsi toute possibilité de procédure de sauvegarde ou de redressement.

Le recours à la procédure simplifiée et ses modalités d’application

Le tribunal vérifie le respect des conditions légales pour une procédure accélérée. Il constate que les seuils prévus par le code de commerce sont dépassés en l’espèce. « Les seuils prévus par l’article L 644-5 et fixés par l’article D 641-10 […] sont dépassés » (Motifs). Ce contrôle préalable est impératif pour l’application du dispositif dérogatoire. La portée est pratique car elle permet une liquidation rapide pour les petites entreprises.

La décision impose un cadre temporel strict pour la clôture de la procédure. Le juge fixe une durée maximale d’un an pour l’ensemble des opérations de liquidation. « Le Tribunal dira donc que la clôture […] sera prononcée au plus tard dans le délai d’un an » (Motifs). Cette mesure vise à garantir une exécution efficace et diligente du processus. La valeur réside dans la sécurité juridique apportée aux différents acteurs de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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