Tribunal judiciaire de commerce d’Antibes, le 24 octobre 2025, n°2025J00211

Le tribunal judiciaire de [Localité 2], statuant par une ordonnance de rectification d’erreur matérielle en date du [Date de la présente décision], se prononce sur la rectification d’un jugement antérieur. La juridiction avait initialement condamné une société à payer une somme de 9 979,67 € à une autre société. Constatant une erreur dans le calcul de cette condamnation, le tribunal est saisi pour rectification. La question est de savoir dans quelles conditions une erreur matérielle peut être corrigée par le juge qui l’a commise. La solution retenue est l’ordonnance de rectification du dispositif du premier jugement pour y substituer le montant exact de la dette.

La nature restrictive de l’erreur matérielle rectifiable

L’étendue limitée du pouvoir de rectification.

Le tribunal fonde sa décision sur l’existence d’une erreur purement matérielle dans son premier jugement. Il ne remet pas en cause le fond de sa décision mais constate une inexactitude dans l’expression chiffrée de la condamnation. Cette approche respecte strictement les limites du pouvoir de rectification, qui ne permet pas de modifier le sens de la décision. L’autorité de la chose jugée sur le principe de la condamnation demeure ainsi intangible.

La formalisation procédurale de la rectification.

La juridiction procède par une ordonnance distincte du jugement initial, en précisant les modalités de correction. « ORDONNE la rectification du jugement rendu le 25 juillet 2025 portant le numéro RG 2025J00070 et dit qu’il y aura lieu de lire dans son dispositif » (Motifs). Cette formalisation garantit la sécurité juridique et la clarté des décisions de justice. Elle assure une traçabilité de la correction tout en maintenant l’intégrité de la minute originale du jugement rectifié.

Les effets pratiques de la rectification sur la condamnation

La précision du quantum de la dette principale.

La rectification opère une correction détaillée sur le montant de la créance principale. Le tribunal substitue au chiffre erroné le calcul exact, décomposant les différents postes. « CONDAMNE […] la somme de 8 434,50 € au principal, augmentée des intérêts de retard […] en sus d’une indemnité de 15 % […] soit 1 265,17 € et d’une indemnité forfaitaire de 40 € par facture […] soit 280,00 € » (Dispositif rectifié). Cette précision évite toute ambiguïté sur l’obligation du débiteur et facilite l’exécution forcée.

Le maintien des accessoires de la condamnation.

La décision rectificative conserve intactes toutes les autres dispositions du jugement initial, notamment les mesures d’exécution. « DIT que cette condamnation est assortie de l’exécution provisoire » (Dispositif rectifié). Elle confirme également la condamnation aux frais de procédure et à l’allocation au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Cela démontre que la rectification est ciblée et n’affecte pas l’économie générale de la décision de justice, préservant ainsi les droits de la partie créancière.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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