Tribunal judiciaire de Bordeaux, le 17 avril 2025, n°2025R00957

Le tribunal judiciaire de Bordeaux, statuant en référé le 17 avril 2025, examine une demande de provision relative à des loyers impayés sur un contrat de location. Le juge accueille partiellement les demandes du bailleur en ordonnant une provision et la restitution du bien. Il rejette cependant plusieurs autres prétentions au motif de leur caractère non justifié ou irrecevable en la forme.

La délimitation des pouvoirs du juge des référés
Le juge rappelle les limites inhérentes à la procédure de référé concernant l’instruction et le fond du litige. Il souligne d’abord son incompétence pour statuer sur une demande indemnitaire substantielle. « Il n’appartient pas au juge des référés, d’apprécier une demande de dommages et intérêts qui relève des juges du fond » (Motifs). Cette précision circonscrit strictement son office à des mesures urgentes ou provisionnelles. Il exige ensuite une justification probante pour toute demande financière spécifique. Le rejet d’une demande de frais de gestion illustre ce principe, car « aucune pièce versée au dossier ne vient justifier » cette prétention (Motifs). Le juge des référés statue ainsi sur des éléments immédiatement vérifiables.

La mise en œuvre des sanctions conventionnelles et légales
La décision opère un contrôle et une application modulée des clauses contractuelles et des dispositions légales. Le juge procède d’abord à la réduction d’une clause pénale jugée excessive. Il indique ainsi « estimant cette clause pénale excessive, nous la réduirons à la somme de 24,66 € » (Motifs). Cette modulation témoigne du pouvoir souverain d’appréciation du juge. Il applique ensuite strictement le régime légal des intérêts moratoires pour la somme provisionnée. La condamnation est assortie d’intérêts « au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage » (Dispositif). Cette application rigoureuse assure une compensation prévisible du retard.

Cette ordonnance de référé illustre la nature provisoire et limitée de cette procédure. Elle garantit une protection rapide des droits du créancier pour les éléments les plus certains. Elle renvoie simultanément au fond l’examen des questions complexes ou non suffisamment étayées. Le juge exerce un contrôle actif sur les clauses pénales pour prévenir tout abus. L’ensemble consacre une approche équilibrée entre célérité et respect des droits de la défense.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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