Tribunal de commerce de Tours, le 21 octobre 2025, n°2025006244

Le tribunal de commerce de Tours, statuant le 21 octobre 2025, se prononce sur le sort d’une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Le liquidateur a déposé un rapport mettant en lumière l’existence d’une action en annulation d’un acte réalisé durant la période suspecte. Face à cette situation, le juge doit déterminer si le cadre simplifié demeure adapté. Il décide de mettre fin à ce régime et de proroger substantiellement le délai de clôture de la procédure.

La fin du régime simplifié
L’échec des critères légaux
Le juge constate que les conditions nécessaires au maintien de la liquidation simplifiée ne sont plus réunies. Il se fonde expressément sur le rapport du liquidateur, qui fait apparaître cette insuffisance. « Constate que le rapport du liquidateur fait apparaître que l’ensemble des critères visé à l’article L.641-2 du Code de Commerce, n’est pas réuni » (Motifs). Cette constatation objective entraîne une conséquence juridique automatique. La décision illustre le contrôle du juge sur la réalité des éléments justifiant une procédure accélérée.

La nécessité d’une procédure complète
L’incompatibilité des délais courts avec une action en cours justifie ce changement de régime. Le jugement relève spécifiquement la pendance d’une action en annulation de vente. « Attendu qu’une procédure est actuellement en cours afin de faire annuler la vente d’un véhicule réalisée pendant la période suspecte » (Motifs). Cette action complexe nécessite un délai d’instruction que le cadre simplifié ne peut offrir. La portée est pratique, elle garantit l’effectivité du recouvrement de l’actif pour la masse des créanciers.

L’adaptation des délais procéduraux
La prorogation du délai de clôture
Pour permettre la bonne fin de l’instance, le tribunal use de son pouvoir de proroger le délai. Il fixe une nouvelle échéance éloignée, soit près de dix-sept mois après sa décision. « Proroge le délai de clôture de la procédure jusqu’au 11 mars 2027 » (Motifs). Cette mesure procédurale est directement liée à la complexité nouvelle introduite par l’action en nullité. Elle témoigne de la souplesse nécessaire à l’administration judiciaire des entreprises en difficulté.

La préservation des droits de la masse
Le passage à une liquidation de droit commun vise à préserver l’intérêt des créanciers. L’action en nullité, si elle aboutit, permettra de réintégrer un bien dans le patrimoine du débiteur. Le juge organise ainsi les conditions temporelles permettant l’exercice de cette action. La valeur de la décision réside dans son pragmatisme et son souci d’efficacité. Elle assure une administration sereine et complète de l’actif sans être contrainte par un calendrier trop strict.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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