Tribunal de commerce de Tours, le 21 octobre 2025, n°2025005771

Le tribunal de commerce de Tours, statuant le 21 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. Il constate l’état de cessation des paiements d’une société commerciale sur le fondement de l’article L.631-1 du code de commerce. Le jugement fixe la date de cessation des paiements et ordonne les mesures d’administration de la procédure.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son appréciation concrète par le juge

Le tribunal retient la définition légale de la cessation des paiements pour prononcer l’ouverture. Il juge que le débiteur est en état de cessation des paiements manifeste, son actif disponible ne permettant pas de faire face aux dettes exigibles telle que définie à l’article L.631-1 du Code de commerce. Cette application stricte consacre l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. La portée est essentielle car elle conditionne l’accès à la procédure collective et son prononcé.

La manifestation de cet état par l’incapacité à régler une créance certaine

Le tribunal fonde sa conviction sur des éléments objectifs tirés du dossier. Il estime que l’état de cessation des paiements de l’entreprise est parfaitement établi notamment par son incapacité à régulariser sa situation envers le créancier. Cette citation démontre que le défaut de paiement d’une créance liquide et exigible peut suffire à caractériser l’état. La valeur réside dans l’utilisation d’un indice simple et probant pour établir la situation de l’entreprise.

Les mesures d’administration ordonnées par le tribunal

La fixation de la date de cessation et l’ouverture de la période d’observation

Le tribunal use de son pouvoir d’appréciation pour fixer la date de cessation des paiements. Il fixe provisoirement au 15/12/2024 la date de cessation des paiements usant de la faculté prévue à l’article L.631-8 du Code de commerce. Cette fixation rétroactive permet d’encadrer la période suspecte et sécurise les actes antérieurs. La portée est pratique car elle détermine le point de départ du relevé des créances et influence les actions en nullité.

La désignation des organes de la procédure et les premières obligations

Le jugement organise immédiatement le déroulement futur de la procédure. Il nomme un juge-commissaire et désigne un mandataire judiciaire chargé de missions spécifiques. Le mandataire judiciaire devra établir dans le délai de douze mois la liste des créances vérifiées avec ses propositions. Cette citation souligne le rôle central du mandataire dans l’établissement du passif. La valeur réside dans la mise en place d’un cadre procédural rigoureux et sécurisé dès le prononcé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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