Tribunal de commerce de Saint-Malo, le 21 octobre 2025, n°2025002859

Le Tribunal de commerce de Saint-Malo, statuant le 21 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société, en administration de biens, a déclaré son état de cessation des paiements. Le juge constate cet état et fixe provisoirement sa date au 31 août 2025. Il désigne les organes de la procédure et ouvre une période d’observation de six mois.

La caractérisation de la cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal rappelle la définition légale de la cessation des paiements. Celle-ci résulte de « l’impossibilité dans laquelle se trouve le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Il applique ce critère de manière arithmétique à la situation de la société. Le juge constate ainsi un déséquilibre patent entre un actif disponible de 1113 euros et un passif exigible de 19 060 euros. Cette approche objective et comptable ancre la décision dans une réalité financière incontestable.

La portée de cette qualification est immédiate et entraîne des conséquences procédurales obligatoires. La constatation de l’état de cessation des paiements est une condition sine qua non pour l’ouverture d’une procédure collective. En la retenant, le tribunal se conforme strictement aux exigences de l’article L.631-1 du code de commerce. Cette étape fondatrice justifie légalement toutes les mesures ultérieures ordonnées par la juridiction.

Les mesures d’organisation de la procédure collective

La mise en place des organes de la procédure

Le jugement organise immédiatement le cadre de la procédure en désignant ses acteurs principaux. Il nomme un juge-commissaire pour superviser la procédure et un mandataire judiciaire pour la représenter. Un commissaire-priseur est également désigné « aux fins de réaliser l’inventaire et la prisée » (Dispositif). Ces désignations sont essentielles pour assurer une gestion ordonnée et transparente de la période d’observation qui s’ouvre.

La période d’observation et les échéances procédurales

Le tribunal ouvre une période d’observation de six mois pour analyser la situation. Il fixe une audience de suivi au 5 janvier 2026 pour statuer sur la poursuite d’activité. Le jugement impose également au dirigeant de convoquer les salariés pour élire un représentant. Il précise que les délais pour le dépôt des créances courront à compter de la publication au BODACC. Ces mesures cadrent rigoureusement la procédure et informent précisément les parties de leurs obligations respectives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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