Tribunal de commerce de Paris, le 24 octobre 2025, n°2024080083

Le Tribunal des Activités Economiques de Paris, le 24 octobre 2025, a été saisi par un organisme de recouvrement social en vue de l’ouverture d’une procédure collective à l’encontre d’une société. Après une instruction, le tribunal a ouvert une liquidation judiciaire, caractérisant la cessation des paiements et rejetant toute perspective de redressement.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements
Le tribunal constate d’abord l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. L’examen des éléments produits conduit à un constat financier sans équivoque. Le passif exigible est substantiel tandis que l’actif disponible est inexistant, ce qui remplit les conditions légales.

La fixation de la date de cessation des paiements est un élément essentiel de la procédure. Le tribunal retient une date antérieure au jugement, s’appuyant sur un acte de recouvrement. « Fixe à dix huit mois antérieurement au prononcé du présent jugement, soit au 24/04/2024, la date de cessation des paiements correspondant à l’ancienneté d’une contrainte » (Par ces motifs). Cette méthode assure une sécurité juridique pour le calcul de la période suspecte.

Le rejet du redressement et les conséquences de l’ouverture
Le tribunal écarte explicitement l’éventualité d’un redressement judiciaire au vu de plusieurs facteurs cumulatifs. L’absence d’activité récente et l’indisponibilité de la dirigeante sont déterminantes. « Un redressement ne peut être envisagé pour les motifs suivants : indisponibilité de la dirigeante. la société n’a plus d’activité depuis janvier 2025″ (Motifs). Ces éléments objectifs justifient l’absence de perspective de continuation.

Les mesures d’organisation de la procédure de liquidation découlent directement de ce constat. Le tribunal nomme les organes de la procédure et fixe des délais stricts pour son déroulement futur. « Fixe à 2 ans le délai au terme duquel la clôture de cette procédure devra être examinée » (Par ces motifs). Cette cadence reflète la volonté d’une administration efficace des procédures collectives.

Ce jugement illustre l’application rigoureuse des critères d’ouverture d’une liquidation judiciaire. La fixation de la date de cessation des paiements sur un élément objectif renforce la prévisibilité du droit. Enfin, la décision souligne que l’absence d’opposition et d’activité conduit inéluctablement à la liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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