Tribunal de commerce de Orléans, le 15 octobre 2025, n°2025005138

Le tribunal de commerce d’Orléans, statuant le 15 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société du secteur de la plomberie. La société, en état de cessation des paiements depuis avril 2024, a sollicité cette ouverture. Le tribunal constate l’impossibilité de faire face au passif et l’absence de plan de redressement possible. Il retient également le respect des seuils légaux pour appliquer la procédure simplifiée.

Les conditions cumulatives de l’ouverture

Le constat de l’état de cessation des paiements

Le jugement repose d’abord sur le constat légal de l’état de cessation des paiements. Le tribunal relève la déclaration du dirigeant et vérifie l’impossibilité financière. « Il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que la société […] se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible et se trouve en état de cessation des paiements » (Motifs). Ce constat objectif est la condition sine qua non de toute procédure collective, confirmant une jurisprudence constante sur le caractère exigible du passif.

L’absence de perspective de redressement

La seconde condition examine les possibilités de poursuite d’activité. Le tribunal écarte toute solution alternative au prononcé de la liquidation. Il note « qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement » (Motifs). Cette appréciation souveraine, jointe à l’absence de biens immobiliers, justifie le choix de la liquidation. Elle rejoint les décisions qui estiment la cessation d’activité inéluctable.

Les modalités de la procédure simplifiée

Le respect des critères d’éligibilité

Le tribunal applique le régime de la liquidation judiciaire simplifiée en raison des caractéristiques de la société. Il vérifie expressément les seuils légaux concernant l’effectif salarié et le chiffre d’affaires. « Il ressort des déclarations du débiteur que son actif ne comprend pas de biens immobiliers, que le nombre de ses salariés […] et que son chiffre d’affaires sont égaux ou inférieurs aux seuils fixés par la loi » (Motifs). Ce contrôle est essentiel pour bénéficier d’une procédure accélérée.

L’encadrement des missions du liquidateur

Le jugement organise précisément le déroulement de la procédure simplifiée. Il impose des délais stricts pour la vaille des biens et la remise des états. « Dit que le Liquidateur procédera dans les quatre mois à la vente des biens du débiteur » (Motifs). Il fixe également un délai global de douze mois pour la clôture, sauf prorogation exceptionnelle. Cette cadence reflète la volonté du législateur d’une liquidation rapide pour les petites structures.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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