Tribunal de commerce de Marseille, le 20 octobre 2025, n°2025P01841

Le Tribunal des activités économiques de Marseille, statuant le 20 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’une société. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Il rejette l’application de la procédure simplifiée et ordonne un rapport complémentaire sur la situation du débiteur.

La qualification de la cessation des paiements et ses conséquences

Le constat de l’état de cessation des paiements est un préalable nécessaire. Le tribunal le fonde sur l’impossibilité pour la débitrice de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette appréciation in concreto est la condition sine qua non de l’ouverture de toute procédure collective. La décision rappelle que cet état est constaté à une date fixée provisoirement par le juge. La portée de cette fixation est essentielle pour déterminer la période suspecte.

L’impossibilité manifeste de redressement conduit directement à la liquidation. Les éléments présentés établissent que le redressement de l’entreprise est manifestement impossible. Cette constatation permet au tribunal de passer directement à la liquidation judiciaire. Elle évite ainsi une phase de redressement inutile et préserve les intérêts des créanciers. La valeur de ce critère est donc décisive pour le choix de la procédure applicable.

Le rejet de la liquidation simplifiée et ses modalités pratiques

Le tribunal se déclare incompétent pour statuer immédiatement sur la procédure simplifiée. Il constate ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour déterminer si les conditions sont remplies. Cette prudence juridique est dictée par le souci d’une qualification exacte. Le juge renvoie donc l’examen de cette question à un moment ultérieur de la procédure. Cette solution préserve les droits du débiteur à une procédure adaptée.

Le report de la décision s’accompagne d’injonctions précises au mandataire. Le mandataire judiciaire devra établir, dans le mois de sa désignation, un rapport sur la situation du débiteur (Motif 3). Ce rapport permettra de vérifier a posteriori l’éligibilité à la liquidation simplifiée. Le tribunal organise ainsi un contrôle différé de la qualification procédurale. Cette mesure assure une instruction complète avant une décision définitive sur la nature de la liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture