Tribunal de commerce de La Roche, le 21 octobre 2025, n°2025000837

Le Tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon, statuant le 21 octobre 2025, a examiné une action en paiement engagée par un établissement de crédit contre deux cautions solidaires. La société débitrice principale avait été placée en liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif. Les défendeurs, défaillants à l’audience, n’ont pas contesté la créance. La juridiction a accueilli la demande de la banque et condamné solidairement les cautions au paiement de la somme garantie, tout en modérant l’indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

La sanction de la défaillance procédurale des cautions

La décision tire les conséquences de l’absence de comparution des débiteurs. Le juge applique l’article 472 du code de procédure civile qui permet de statuer au fond malgré la défaillance. Il constate que la créance « n’est pas contestable et en réalité non contestée » (Motifs). Cette absence de contradiction active permet au tribunal de se fonder sur les seules pièces versées aux débats par le demandeur. La défaillance n’est ainsi pas un obstacle à l’examen du bien-fondé de la demande, mais elle en simplifie l’appréciation.

La portée de cette solution est de rappeler le caractère réputé contradictoire du jugement. La décision produit donc l’autorité de la chose jugée à l’égard des parties défaillantes. Elle illustre aussi les risques d’une absence de défense, le juge ne pouvant être saisi d’éventuels moyens de fond. La valeur de l’arrêt réside dans l’application stricte d’une procédure destinée à éviter la dénégation de justice face à un défendeur défaillant.

La confirmation des obligations solidaires du cautionnement

Le tribunal valide l’engagement des cautions en se fondant sur les actes sous seing privé. L’acte de cautionnement prévoyait une renonciation expresse au bénéfice de discussion et une obligation solidaire avec le débiteur principal. Le juge relève que les cautions se sont engagées « dans la limite de la somme de 80.000,00 € couvrant le paiement du principal, des intérêts et, le cas échéant, les pénalités ou intérêts de retard » (Motifs). La défaillance de la société débitrice, actée par le jugement de liquidation, rend donc immédiatement exigible la garantie.

La portée de cette analyse est de confirmer la force obligatoire du contrat de cautionnement. L’acceptation d’un avenant au prêt principal par les cautions renforce leur engagement. La décision rappelle que la clôture de la liquidation pour insuffisance d’actif constitue un défaut de paiement caractérisé. La valeur du jugement est d’appliquer le principe de l’effet relatif des conventions avec une stricte effectivité, garantissant la sécurité juridique des engagements contractuels.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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