Tribunal de commerce de Compiègne, le 5 novembre 2025, n°2025P00373

Le Tribunal de commerce de Compiègne, statuant le 5 novembre 2025, ouvre la liquidation judiciaire d’une société de restauration. La société est en état de cessation des paiements depuis le 30 septembre 2024. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de son redressement et prononce la liquidation en application de l’article L. 640-1 du code de commerce.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le constat d’une cessation des paiements avérée et persistante.

L’état de cessation des paiements est établi sur le fondement d’un passif exigible de 16 190,75 euros. Ce passif comprend notamment une dette sociale de 14 690,75 euros envers l’Urssaf, exigible depuis septembre 2024. « l’état de cessation des paiements est dès lors caractérisé » (Motifs). La date de cessation est fixée au 30 septembre 2024, correspondant à l’exigibilité de ces cotisations. Cette fixation rétrospective assure la sécurité juridique de la période suspecte.

La carence de la gérance et l’impossibilité d’apprécier le redressement.

Le jugement relève une carence totale de la direction, empêchant toute évaluation de la situation. « en raison de la carence de la gérance, aucune information concernant l’entreprise et sa capacité de redressement n’a pu être appréhendée » (Motifs). Cette carence est corroborée par la fermeture de l’établissement et une radiation d’office du registre du commerce. L’impossibilité de redressement est ainsi déduite de l’absence de matériel d’information.

Les conséquences de la décision de liquidation

La désignation des organes de la procédure et leurs missions.

Le tribunal désigne un juge-commissaire et un liquidateur judiciaire. Il nomme également un mandataire de justice pour réaliser l’inventaire du patrimoine dans un délai d’un mois. Le liquidateur doit déposer un rapport initial sous un mois et la liste des créances dans un délai de douze mois. Ces mesures organisent le déroulement ordonné de la liquidation dans l’intérêt des créanciers.

Le cadre procédural et les obligations imposées au débiteur.

La procédure est ouverte pour une durée maximale de vingt-quatre mois. Le débiteur est sommé de coopérer avec le liquidateur sous peine de sanctions. Il doit notamment remettre sans délai la liste de ses créanciers et de ses contrats en cours. « INVITE le débiteur, sous peine de sanctions commerciales, à coopérer avec le liquidateur » (Dispositif). Cette injonction vise à pallier la carence antérieure et à garantir l’efficacité de la liquidation.

Ce jugement illustre rigoureusement l’application des conditions légales de la liquidation judiciaire. Il montre comment la carence de gestion, en rendant impossible toute appréciation du redressement, conduit nécessairement à la liquidation. La décision organise une procédure encadrée pour réaliser l’actif dans le respect des droits des parties.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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