Tribunal de commerce de Brive, le 20 octobre 2025, n°2025P00084

Le Tribunal de commerce de Brive, statuant le 20 octobre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’un artisan boulanger-pâtissier. Saisi par un organisme de recouvrement social sur le fondement de l’article L. 631-1 du code de commerce, le juge a constaté l’état de cessation des paiements du débiteur, qui en a reconnu le principe et a exprimé sa volonté de poursuivre son activité. Le tribunal a ainsi ordonné l’ouverture de la procédure et fixé une période d’observation de six mois.

La recevabilité de la demande d’ouverture
La qualification de la créance déclenchante
Le juge a accueilli la demande de l’organisme requérant en relevant le caractère certain, liquide et exigible de sa créance. Le montant de celle-ci, non contesté, s’élève à la somme de cinquante-cinq mille quatre cent quatre-vingts euros et toutes les mesures de recouvrement utilisées se sont révélées infructueuses. Cette constatation permet de vérifier la légitimité du demandeur à agir en ouverture, une créance même importante n’étant suffisante que si elle est incontestable. La solution rappelle ainsi que la certitude de la créance est un préalable essentiel à l’examen de la situation du débiteur, évitant les ouvertures abusives.

La constatation de l’état de cessation des paiements
Le tribunal a retenu la date du deux juin deux mille vingt-cinq comme date de cessation des paiements, correspondant à l’acte d’assignation. Il ne saurait donc être contesté que le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible. Cette fixation provisoire est caractéristique du contrôle sommaire opéré à ce stade, le débiteur ayant reconnu cet état. La décision souligne que la cessation des paiements, élément matériel fondamental, peut être établie par tout moyen, y compris par l’aveu de l’intéressé lors de l’audience.

Les modalités d’organisation de la procédure
La désignation des organes de la procédure
Le tribunal a nommé un mandataire judiciaire, un juge commissaire titulaire et son suppléant, ainsi qu’un commissaire-priseur pour réaliser inventaire et prisée. Il ordonne au débiteur de remettre au mandataire judiciaire la liste de ses créanciers, du montant de ses dettes et des principaux contrats en cours. Ces nominations et injonctions initiales visent à assurer la bonne administration de l’instance collective dès son ouverture. Elles traduisent la mise en place immédiate du cadre procédural destiné à protéger les intérêts en présence et à préparer l’examen des perspectives de l’entreprise.

Le cadre et les perspectives de la période d’observation
La durée de l’observation est fixée à six mois à compter du jugement, avec une audience de examen prévue en janvier deux mille vingt-six. Le tribunal rappelle que à tout moment de la période d’observation, le tribunal peut ordonner la cessation partielle de l’activité ou prononcer la liquidation judiciaire. Cette mise en garde, directement extraite des motifs, inscrit la procédure dans le régime de surveillance continue propre au redressement judiciaire. Elle manifeste la nature provisoire de la poursuite d’activité, subordonnée à l’élaboration d’un plan de redressement viable.

Ce jugement illustre le déroulement classique d’une ouverture de redressement judiciaire sur demande d’un créancier. Il confirme la pratique selon laquelle la reconnaissance de la dette et de la cessation des paiements par le débiteur facilite la constatation de l’état de cessation. La décision présente également un intérêt pratique par la précision de son calendrier procédural, notamment la fixation d’une audience de contrôle à mi-parcours de l’observation. Elle souligne enfin le caractère éminemment provisoire de la poursuite d’activité, placée sous le signe de la possibilité d’une conversion en liquidation à tout moment.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture