Tribunal de commerce de Bordeaux, le 21 octobre 2025, n°2025F00924

Le Tribunal de commerce de Bordeaux, le 21 octobre 2025, statue sur un litige entre une société de crédit-bail et une société locataire défaillante. La procédure est engagée pour obtenir le paiement de loyers impayés et l’application de clauses contractuelles. Le tribunal, statuant par jugement réputé contradictoire, accueille partiellement les demandes de la société financière après avoir qualifié les stipulations du contrat.

Le tribunal valide l’opposabilité des conditions générales et prononce la résiliation du contrat. Il constate d’abord que les documents contractuels ont été régulièrement signés électroniquement par la société locataire. « les contrats de location produits aux débats sont constitués de conditions particulières et de conditions générales, lesquelles ont été signées électroniquement » (Motifs). Cette formalisation permet de leur opposer l’ensemble des clauses. L’inexécution est ensuite caractérisée par le défaut de paiement après mise en demeure. « par le non-paiement des loyers mis à la charge du débiteur après mise en demeure, l’inexécution du contrat est caractérisée » (Motifs). La résiliation est donc prononcée à la date stipulée dans la clause contractuelle, huit jours après la réception de la mise en demeure. Cette analyse affirme la force obligatoire du contrat et la sanction de son inexécution, tout en respectant les formalités prévues.

Le tribunal opère une requalification des clauses et réduit la pénalité jugée excessive. Il examine d’abord la clause prévoyant le paiement des loyers restant dus en cas de résiliation. « la clause du contrat, qui stipule une indemnité […] présente un caractère comminatoire […] de sorte qu’elle constitue une clause pénale et non une clause de dédit » (Motifs). Cette qualification soumet la stipulation au pouvoir modérateur du juge. Le tribunal exerce ensuite ce pouvoir en réduisant une autre clause pénale. « estimant son montant manifestement excessif et en application de l’article 1231-5 du code civil, le tribunal la réduira » (Motifs). Le juge écarte également la demande de dommages-intérêts distincte, faute de préjudice justifié. Cette intervention démontre le contrôle actif des juges sur les clauses abusives ou disproportionnées, protégeant le débiteur tout en assurant une réparation effective.

La décision illustre l’équilibre recherché entre l’exécution forcée des conventions et la protection contre les sanctions disproportionnées. Elle rappelle la nécessité d’une signature claire des conditions générales pour leur opposabilité. Le pouvoir de requalification et de réduction des clauses pénales est affirmé comme un instrument de justice contractuelle. Enfin, le rejet de dommages-intérêts sans préjudice propre consacre le principe de réparation intégrale mais limitée au préjudice réel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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