Tribunal judiciaire de Nice, le 5 juin 2025, n°2025RG02785

Le tribunal judiciaire de Nice, statuant le 5 juin 2025, a examiné une demande en paiement portant sur trois prêts. Face à la non-comparution des défendeurs régulièrement assignés, le juge a accueilli les demandes de l’établissement de crédit. La décision retient la solidarité des emprunteurs et alloue une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Le contrôle substantiel du juge en défaut

Le juge vérifie le bien-fondé de la demande malgré l’absence de contradiction. La décision motive son accueil en constatant l’absence d’éléments contraires et le caractère fondé des prétentions au vu des pièces. Cette approche respecte strictement les exigences de l’article 472 du code de procédure civile. « En application de l’article 472 du code de procédure civile en l’absence de comparution du défendeur, le juge ne peut accueillir les prétentions du demandeur que si celles-ci sont régulières, recevables et bien fondées. » (Cour d’appel de Montpellier, le 28 février 2025, n°24/02447) La portée de ce contrôle prévient toute décision de complaisance envers une partie présente. Il garantit que le défaut ne vaut pas acquiescement automatique aux prétentions adverses.

La justification de la condamnation par les seules pièces du demandeur

Le fondement de la décision réside dans l’appréciation des seules pièces versées aux débats par le créancier. Le juge estime que la demande apparaît fondée au vu de cette documentation probatoire. Cette solution consacre la force probante des écrits en matière contractuelle. La valeur de ce raisonnement réside dans son efficacité pour trancher un litige malgré l’absence d’un débat contradictoire. Elle rappelle que la non-comparution ne dispense pas le demandeur de prouver son droit. La jurisprudence rennaise confirme cette exigence de rigueur. « Faisant application de l’article 472 du code de procédure civile, il convient de ne faire droit à la demande que dans la mesure où celle-ci est régulière, recevable et bien fondée. » (Cour d’appel de Rennes, le 25 mars 2025, n°25/00944)

Les modalités pratiques de la condamnation

La décision détaille précisément les sommes dues en capital et intérêts pour chaque prêt. Elle ordonne le paiement solidaire des trois emprunts par les deux codébiteurs. Cette précision est essentielle pour l’exécution forcée de la condamnation. La portée de cette liquidation est d’éviter tout contentieux ultérieur sur les montants exigibles. Elle permet une exécution immédiate et non contestable des obligations contractuelles. Le juge applique ici strictement les articles 1101 et suivants du code civil sur le contrat de prêt.

L’allocation d’une indemnité pour frais non compris dans les dépens

Le juge use de son pouvoir d’équité pour allouer une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime inéquitable de laisser à la charge du créancier les frais irrépétibles. Cette indemnisation compense partiellement les frais d’avocat exposés pour la procédure. La valeur de cette décision est d’assurer un accès effectif à la justice malgré le coût de l’instance. Elle constitue une modération des frais de procédure supportés par la partie gagnante. Cette somme s’ajoute aux dépens liquidés à un montant nominal pour l’acte de saisie.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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